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Sean Penn, président du jury des longs métrages.

Il est le président américain idéal, le démocrate de nos cœurs. Son dernier film de cinéaste, le très beau Into the Wild, a remporté un vif succès en France. On l'attend avec hâte dans l'univers crypto-gay de Gus Van Sant. Venu à Cannes comme réalisateur (The Pledge) et comme acteur (prix d'interprétation en 1997, Mystic River en 2003), il est à la fois culte, populaire, intransigeant, exigeant. Il est même l'un des rares à avoir reçu les quatre prix les plus prestigieux en tant que comédien : Cannes, Berlin, Venise et l'Oscar. Sa filmographie le prouve puisqu'il aura croisé les désirs de Brian de Palma, Oliver Stone, Dennis Hopper, Neil Jordan, Tim Robbins, David Fincher, Woody Allen, Terrence Malick, Julian Schnabel, Alejandro Inarritu, Sydney Pollack.

A voir : son portrait, Into the wild, Mystic river, The Pledge.
Jeanne Balibar, actrice, chanteuse européenne.

Fille de philosophe et de scientifique, l'intellectuelle (et danseuse) Jeanne Balibar est une fidèle du cinéma art et essai : Desplechin, Podalydès, Assayas, Jacquot, Ruiz, Labrune, Winterbottom, Rivette ou Honoré. On la retrouvera bientôt dans la saga Sagan de Diane Kurys. En plus de traîner sa voix étrange et envoûtante sur la scène des théâtres, elle chante (deux albums : Paramour et Slalom Dame). Petits ou grands rôles, rajeunie ou vieillie, elle aime les douces tortures et les supplices séduisants de son art.

A voir : Jeanne Balibar sur le site.

Rachid Bouchareb, réalisateur, producteur, scénariste européen.

Avec Indigènes, il est parvenu à émouvoir la Croisette puis deux millions de spectateurs dans les salles. Prix d'interprétation avec l'ensemble de son casting, Bouchareb était désormai un grand. Surtout, il a réveillé un vieux dossier honteux de l'histoire de France et contraint l'Etat à payer sa dette pour les combattants des colonies. Producteur de Bruno Dumont, l'auteur réalisateur de Bâton Rouge, Cheb et Little Senegal aime évoquer les blessures de l'exil, les beautés de l'amitié, et promeut un cinéma radical, politique ou humaniste.

A voir : Indigènes.
Sergio Castellito, acteur, réalisateur, scénariste européen.

L'un des comédiens italiens les plus respectés est un habitué de Cannes avec quatre films sélectionnés ces dernières années. Parmi les derniers dinosaures d'un cinéma gauchiste, aussi à l'aise dans la comédie de moeurs que dans un mélo alerte de Rivette, son visage grave et triste peut s'illuminer, avec suavité, en un éclair. Grâce à Besson, Lemercier ou Masson, il a pratiqué autant la langue de Sartre que celle de Pasolini. Pourtant cet amateur des auteurs est attendu en Roi dans Narnia 2.

A voir : Sergio Castellito sur le site.
Alfonso Cuaron, réalisateur, producteur mexicain.

De tous les grands cinéastes que le Mexique a fournit au cinéma mondial ces dernières années, Cuaron est sans aucun doute l'un des plus insaisissable. Véritable conteur, on lui doit l'un des meilleurs Harry Potter de la série et le très populaire film mexicain qui révéla Gael Garcia Bernal (Y Tu Mama Tambien). Son plus récent film, Les fils de l'Homme, oscillant entre drame apocalyptique et suspens fantastique, a fait figure de référence et s'est attiré les louanges de Spielberg. Il a aussi produit les films de Guillermo del Toro.

A voir : Alfonso Cuaron sur le site.
Alexandra Maria Lara, comédienne européenne.

D'origine roumaine mais grandissant en berlinoise, cette à peine trentenaire a le vent en poupe, ou simplement du flair. Deux des films européens les plus marquants de cette décennie, La chute (sur Hitler) et Control (sur le chanteur de Joy Division), lui ont permit de tourner avec Francis Ford Coppola dans L'homme sans âge. Désormais très demandée, elle a enchaîné les films de James Ivory, Uli Edel et Stephen Daldry. Elle vient d'achever le tournage d'un palmé, celui de Theodoros Angelopoulos. La grande classe.

A voir : Control, L'homme sans âge.
Natalie Portman, comédienne israélo-américaine.

Venue à Cannes pour un film d'Amos Gitaï et pour une superproduction Star Wars de George Lucas, on ne peut pas faire plus grand écart artistique et cinématographique. Natalie Portman est une comédienne respectée et adorée, amplement confirmée depuis son rôle de Lolita dans Léon chez Besson. De Burton à Nichols, de Kar-wai à Wes Anderson, de Mann à Zach Braff, ses choix ont été insolites et se sont inscrits dans des univers singuliers. Cela fait oublier les quelques navets hollywoodiens. Glamour et smart, elle jouera de ses charmes.

A voir : son portrait.
Marjane Satrapi, auteure, dessinatrice, réalisatrice et scénariste iranienne.

C'était le coup de cœur cannois en 2007. En un film (d'animation), la Persane a percé les forteresses émotionnelles des festivaliers. A l'origine, sa vie dans laquelle elle a puisé et romancé l'aventure d'une jeune iranienne qui subit les aléas de la révolution islamique. Polémiques. Persépolis est un carton mondial (prix du jury à Cannes, César, nomination à l'Oscar) après avoir été un triomphe éditorial. C'est la première fois qu'une auteure de bande dessinée est membre du jury ici. Son franc-parler et son intransigeance vont remuer.

A voir : Persépolis.
Apichatpong Weerasethakul, réalisateur thaïlandais.

Ce sera le grand défi du festival : savoir prononcer son nom, même après 10 jours de films et de fêtes. Diplômé en architecture et ne beaux arts, il est devenu l'un des maîtres du raffinement dans le cinéma asiatique, notamment avec le très louangé Tropical Malady. Ses films naviguent entre le métaphorique et l'expérimental, touchant au sensoriel et ne cherchant pas une rationalité. Erotisme et intimité de ses fictions se heurtent à une réalité qui l'intéresse toujours plus. Les mystères le fascinent mais c'est la mutation des êtres qui habitent son art.

A voir : Tropical Malady.


  Jury de la Cinéfondation et des courts métrages

Hou Hsiao Hsien (Taiwan), président du jury.
Ce sexagénaire taïwanais, autrefois voyou, a présenté sept de ses films à Cannes. Il n'a reçu qu'un prix du jury en 93 avec Le maître de marionnettes. L'an dernier, cet amoureux de la Nouvelle Vague était présent avec Le voyage du ballon rouge, avec Juliette Binoche. Par ailleurs il retrouvera Olivier Assayas qui avait réalisé un documentaire sur lui.

A voir: son portrait.

Les autres membres du jury : Olivier Assayas (Europe) ; Suzanne Bier (Europe) ; Marina Hands (Europe) ; Larry Kardisch (Etats-Unis d'Amérique).
  Jury "Un Certain Regard" (section officielle parallèle)

Fatih Akin (Europe) , président du jury.
Ce trentenaire allemand d'origine turque a déjà reçu un Ours d'or à Berlin (Head-on) et, l'an dernier, un sous-évalué prix du scénario à Cannes (De l'autre côté). Brillant début de carrière pour ce cinéaste qui mélange les racines, la vie, la mort, l'amour et la liberté. 10 ans après son premier film, ce fan de Jim Jarmusch a un prénom qui traduit ses ambitions : le conquérant

A voir : De l'autre côté, Head-on

Les autres membres du jury : Anupama Chopra (Inde), Catherine Mtsitouridze (Russie), Yasser Moheb (Egypte), José Maria Prado (Europe).
  Jury de la "Caméra d'Or" (meilleur premier film)

Bruno Dumont (Europe) , président du jury.
Un choix radical pour le prix du meilleur premier film toutes sélections confondues. Celui qui bouscula Cannes avec La vie de Jésus en 1997 (Caméra d'or), fit encore plus de bruit avec L'humanité, ses comédiens amateurs et ses plans sexuels crus (Grand prix du jury). Il est revenu avec Flandres, autre Grand prix du jury. Hadewijch est en cours de montage.

A voir : Bruno Dumont sur le site.



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