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Le Japon à Cannes
- 460 participants en 2008.
- 1er longs métrages en compétition : Dans la tempête de Kozo Saeki, Le roman de Genjide Kozaburo Yoshimura et Vagues de Noboru Nakamura (1952).
- Principaux prix : Palmes d’or (La porte de l’enfer de Teinosuke Kinugasa en 1954, Kagemusha, l’ombre du guerrier d’Akira Kurosawa en 1980, La ballade de Narayama de Shohei Imamura en 1983 et L’anguille de Shohei Imamura en 1997), Grand Prix pour La forêt de Mogari de Naomi Kawase en 1997, Prix du jury pour Kwaidan et Hara-Kiri de Masaki Kobayashi (en 1963 et 1965)…
JAPON : L’OMBRE DU GUERRIER
Sans conteste, des pays d’Asie, le Japon est celui dont la cinématographie est reconnue depuis le plus longtemps. A Cannes, où la première sélection officielle d’un film remonte à 1952 (1954 seulement pour la première Palme d’or !) mais également à Hollywood (trois Oscars d’honneur attribués à des films nippons entre 1948 et 1956) et dans la planète cinéphile en général, où Kenji Mizoguchi, Yazujiro Ozu ou encore Akira Kurosawa sont les maîtres incontestés. Le cinéma japonais connaît alors un véritable âge d’or.
Dans les années 90, c’est Takeshi Kitano qui lui offre une véritable cure de jouvence esthétique en livrant notamment Sonatine (1995) et Hana-bi (1997) dont la violence, la noirceur et la beauté crépusculaire séduisent le public occidental. Plusieurs cinéastes lui emboîtent le pas tout en s’engageant chacun dans une voie extrêmement personnelle : Kyoshi Kurosawa et ses films inquiétants qui mêlent fantastique et psychologie (Kairo, Charisma, Cure), Shinji Aoyama et le très âpre Eurêka, une fresque quasi muette et noir et blanc de plus de trois heures, Naomi Kawase et son obsession de la perte et du deuil (Shara, La forêt de Mogari), Hirokazu Kore-eda qui décortique la société japonaise contemporaine (Distance, Nobody knows), etc.
L’animation n’est pas en reste. Après le choc Akira de Katsuhiro Otômo (1988), qui marque l’apogée de la technique d’animation sur cellulo, les cinéphiles du monde entier se régalent avec les films de Mamoru Oshii (Ghost in the shell, également devenu culte), Isao Takahata (Le tombeau des lucioles) et bien sûr Hayao Miyazaki (Princesse Mononoke, Le voyage de Chihiro…). Le public est à la fois éberlué par la beauté de ces films et séduit par les messages qu’ils véhiculent. Plus qu’avec l’animation américaine, volontiers destinée aux enfants, c’est avec eux que le genre gagne définitivement ses lettres de noblesse.
Toutefois, cette année, c’est un animé américain qui a ouvert le bal... et un film d’animation belge qui a les honneurs d’une séance spéciale. En matière de cinéma asiatique, les sélectionneurs ont privilégié les turbulents voisins chinois, sud-coréens et même philippins. Voilà donc le cinéma japonais cantonné à un seul long métrage (Air doll de Kore-Eda) présenté en section Un certain regard. Après avoir été l’enfant chéri de l’occident, la cinématographie japonaise souffre des mêmes défauts qu’une certaine production européenne ou américaine : vieille de plus d’un siècle (112 ans exactement), elle ne peut plus prétendre avoir le charme de la nouveauté…
MpM
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