Transylvania de Tony Gatlif

  Volver de Pedro Almodovar


festival-cannes.com

 

 
 
Citation du jour
"Une carrière... je ne sais pas ce que ça veut dire. Ça ne sert à rien de miser sur des succès dont on n'est jamais sûr. On monte aussi vite qu'on redescend. Et de toute façon je n'ai pas l'impression d'être en haut, alors là, pas du tout." (Audrey Tautou)

Chiffre du jour
3549 - Nombre de films vus par les Comités de sélection depuis octobre 2005.

IN THE MOOD FOR ...

Il ne faut jamais trop en attendre. Mais il faut conserver le désir. Tout l'enjeu d'un Festival comme Cannes, et de ses fidèles, est de ne pas s'emballer ni d'être blasé. Ni promesse du grand amour, ni fatalité évidente. Les prémices nous font battre la chamade, et au final le coup de coeur arrive là où on ne l'attend pas. Il est très rare qu'un favori a priori devienne le chouchou a posteriori.
Le cinéphage/cinéphile doit retirer ses oeillères et ne pas mettre la charrue avant les boeufs, la Palme avant le générique de fin. Année après année, Cannes révèle des talents ou des oeuvres. Celles-ci n'arrivent pas là par hasard et, même si Venise et Toronto récoltent quelques injustes oubliés (cette année Aronofsky, Frears?), quelques inachevés (Lynch, Kusturica, De Palma, Scorsese?), Cannes reste le rendez-vous incontournable : chaque année un quart des films majeurs (artistiquement, on s'entend) passe par la Croisette. Peu importe le Palmarès tant il est évident que les meilleurs films de Cronenberg, Allen, Jarmusch, sont passés par là l'an dernier.
Accords et désaccords.
Aussi, prévoyons que les nouveaux venus ou cinéastes aguerris en sélection nous ont réservés des plaisirs variés mais savoureux. Bien sûr, parfois il y a un malentendu : avec le jury (les désaccords font partie du "jeu"), avec le public ou pire, avec le sélectionneur qui n'a pas osé mettre Tigre et Dragon, La Cité de Dieu ou Requiem for A Dream en compétition... À croire que le message a été entendu : 2006 sera l'année du style. Contrairement à la mode, le style ne se démode pas, et demeure, éternellement, classe.
Nous lorgnerons par conséquent sur les jolies toilettes de Marie-Antoinette, la satire méchamment politique du Caïman, le baroque bariolé de Volver, la mâlitude de Selon Charlie... Peu importe les stars, papillons attirés par la lumière, pourvu qu'on ait les films.

SELON THIERRY

Le monde (cinéma) selon Thierry (Frémeaux) est un reflet de notre planète (bien réelle, elle). Cette année, l'Asie d'Extrême Orient a pris moins d'importance (ce qui sera compensé par la présidence chinoise du jury, une première).
Ceci dit, sur l'ensemble des sélections, la "Nouvelle Europe", l'Amérique Latine, l'Asie dans sa vaste étendue sont présentes; nous constatons la confirmation d'un cinéma américain proéminent et revigoré dans tous les genres (indépendant, blockbuster, animation, documentaire) et la solidité des auteurs européens (qui cachent parfois un manque de renouvellement, comme on l'a observé ces dernières années).
Il ne faut pas les enterrer trop vite ces vieux manitous d'Almodovar, Moretti, Garcia, Loach, Kaurismaki... Cannes a déjà prouver qu'ils pouvaient séduire (Oliveira avec Je rentre à la maison), surprendre (Allen avec Match Point l'an dernier), progresser ou tout simplement s'imposer (Van Sant avec Elephant). Le savoir-faire de ces Maîtres du 7ème Art produit parfois de jolis sacres ou tout simplement des moments de grâce pour les yeux.
Ouvrir les yeux.
Le regard est sans doute le sens le plus sollicité durant ces douze jours de dépendance cinématographique. Un autre regard posé sur des cinémas de partout et d'ailleurs (cette année la Turquie, l'Algérie, la Chine, le Mexique...), même s'il est souvent financé grâce aux Américains, aux Français. Cannes, loin de lasser, facilite ce regain permanent de désir filmique. Parce que le Festival oblige à voir des cinéphilies ignorées ou malchanceuses durant les (trop nombreuses) sorties en salles. Parce qu'il ouvre nos pupilles, par la contrainte peut-être, mais avec notre assentiment masochiste, aussi, sur des auteurs inconnus, méconnus.
Cette année nous allons être servis. Mais, par expérience, et c'est d'ailleurs la morale de l'histoire : il ne faut jamais manquer un film qu'il soit signé d'un débutant ou d'un habitué des marches. Si, en matière d'attente, nous trépignons à l'idée de voir Marie Antoinette ou Babel (enfin confirmés parmi les grands), si nous savons d'avance notre satisfaction à nous immerger dans les univers d'Almodovar, Moretti, Ceylan, il est fort probable qu'à l'arrivée, parmi les Linklater, Belvaux, Kelly ou Del Toro, il y ait l'inattendu, celui qui nous conduira à revenir sur ce bout de plage de la Riviera en 2007.

DA VINCENT DECRYPTE

C'est un homme qui fera le Maître de Cérémonie du 59ème Festival de Cannes. Après tant de comédiennes européennes, de tous âges (mention à la belge et fantaisiste Cécile de France l'an dernier), l'Ouverture et la Clôture seront annoncés par Vincent Cassel.
Puisque sa femme (qui plus est ancienne Maîtresse de Cérémonie), la Bellucci, est au jury, et qu'il faut défendre la parité dans un sens comme dans l'autre, le choix n'est pas incongru. D'autant que le fils du séducteur-crooner-acteur Jean-Pierre Cassel est l'un des rares comédiens "frenchy" à être connus à l'étranger grâce à des films comme Jeanne d'Arc, Le pacte des Loups, Les rivières pourpres et surtout Ocean's 12 de Steven Soderbergh. Il a tourné avec Jennifer Aniston et Nicole Kidman. Les cinéphiles retiennent davantage ses performances dans Sur mes lèvres et ses deux films en compétition à Cannes, Irréversible (Gaspard Noé est par ailleurs le parrain de la semaine de la Critique cette année) et La Haine. C'est d'ailleurs ce film de Kassovitz (prix de la mise en scène), qui lui avait fait monter les marches pour la première fois, il y a 11 ans.

LES ABSENTS ONT TOUJOURS TORT

Cette année, le festivalier regrette de ne pas voir Le Dahlia Noir de Brian di Palma, The Queen de Stephen Frears, Lady Chatterley de Pascale Ferran, Inland Empire de David Lynch, The Departed de Martin Scorsese, The Good German de Steven Soderbergh, Scoop de Woody Allen, le documentaire sur Maradona d'Emir Kusturica, Hana yori mo naho de Hirokazu Koreeda, le nouveau film de Zhang Ke Jia, Streik de Volker Schlöndorff. Ou encore le film du père (et double palmé) Coppola. Pas forcément terminés (le plus souvent), ne correspondant pas au calendrier du marketing, ou évincés pour d'autres raisons (pour le moment occultes), ces films voyageront ailleurs. Certains ont été récupérés par la Quinzaine (le nouveau dessin animé de Michel Ocelot). D'autres seront dévoilés, sous le manteau, au Marché.

V.



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