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Shrek 2 (Shrek 2)

Sélection officielle - Compétition
USA / sortie le 23.06.04


POTIONS MAGIQUES





« - V’là le buisson Shirley Bassey. »

Vénérons cette armée de fous qui ont su, une fois de plus, nous faire rire avec leurs créatures numériques. Si l’on demande à l’âne de «trouver un moyen de se divertir tout seul», nul besoin ici de regarder ailleurs que son grand écran. Jouissif de bout en bout (et ne pas partir tant que le générique n’est pas finit).
Mais faisons court car inutile de s’appesantir sur un film qui remixe les références. Shrek prouve deux choses : la capacité d’Hollywood à avoir fabriquer un réservoir d’images cultes et la compétence des scénaristes américains à raconter une belle histoire tout en poussant le délire à son maximum.
On résume : si vous n’avez pas vu Tant qu’il y aura des hommes, La petite sirène, Batman, Indiana Jones, Le seigneur des Anneaux, Blanche Neige, Peter Pan, Mary Poppins, Cendrillon, Mon beau-père et moi, Susie et les Baker boys, Alien, Le masque de Zorro, King Kong et surtout Mission : impossible (version De Palma), ne passez pas votre chemin, mais l’humour risque de vous échapper.
Ici rien ne se passe comme dans un Disney, mais tout se déroule comme à Hollywood. D’ailleurs oublions les parcs d’attraction d’un tyran nabot pour nous emmener (dans un carrosse en oignon) à Far Far Away, pastiche plus vrai que nature de Beverly Hills et Hollywood. Starbucks compris. "Funky Town" ? de Bonnie Tyler à David Bowie, de Michael Jackson à Flashdance, la musique résonne pop et années 80. De quoi foutre la pêche dans cet exercice punchy.
Mais le film d’animation, véritable hommage au 7ème Art, est aussi, et avant tout, un vrai joyau d’écriture. Les personnages sont psychologiquement cohérents, de leurs tourments à leur bravoure. Mention spéciale à l’âne, sans aucun doute l’un des plus grands comiques de ces 20 dernières années, et au Chat Potté, «expert ès lèche bottes», félin fourbe et fidèle à souhait. Pas pour rien que le final les rassemble pour une dernière chanson (Ricky Martin).
C’est aussi avec eux que l’on remarque la force de l’animation de Shrek : les regards et les expressions faciales sont sidérantes de réalisme. On est plus réservé sur le mouvement (trop léger, trop souple) et l’absence de sensation de poids. Les corps seraient en hydrogène liquide ? Oubliez le Prince Charmant, cheveux au vent , type David Bekham, choisissez l’original, un obèse velu et péteur. Histoire de vents.
En tout cas, avec un certain cynisme, Shrek 2 tisse ce lien entre nos rêves d’enfants (ceux qui nous ont été imposés) et notre réalité d’adultes (bien obligés de composer avec nos défauts). «Shrek et l’âne dans une aventure ébouriffante», voilà l’histoire bis. L’opus deux remplit son contrat de mariage du début à la fin. Car là ce n’est pas du vent. Juste un grand bol d’air frais et décoiffant.

vincy



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