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Ma vie de Courgette

Quinzaine des réalisateurs - Compétition
France / sortie le 19.10.2016


GRATINÉ





« - Mon nom c’est Courgette.
- C’est ta maman qui t’a appelé comme ça ? Mon nom c’est Raymond.
- C’est ta maman qui t’a appelé comme ça ?
»

L’adaptation d’Autobiographie d’une courgette en film d’animation (marionnettes en stop motion) est une petite pépite. Et Céline Sciamma s’avère l’une des plus grandes scénaristes de notre époque. Elle est parvenue à doser avec perfection la poésie, la tendresse, l’humour et l’émotion de cette histoire pourtant dramatique. Une fois de plus, l’auteure de Tomboy, Bande de filles et co-auteure de Quand on 17 ans, trouve le ton juste pour parler de l’enfance, de ses espoirs, de déboires, de sa manière de s’intégrer dans un groupe et de ses manques (affectifs). On y retrouve sa patte, indéniablement, comme cette scène épatante où ils dansent tous sur un air de rock dans un chalet en montagne. Mais tout ne se résume pas à un scénario.

Qui peut croire que l’on va rire et pleurer avec sept orphelins dont les parents n’ont pas été des adultes parfaits (crime passionnel, alcoolisme, prison, …) ? Avec d’infinis détails, comme cet oiseau qui se construit un nid (parabole d’un foyer) au fil des saisons, Claude Barras nous emporte et nous emballe dans le quotidien de Courgette (en fait Ikare) et ses nouveaux amis. La mise en scène est aussi soignée qu’un film des studios Aardman et la qualité artistique de l’ensemble impressionne, notamment parce que sa singularité visuelle détonne dans l’environnement de l’animation, mais aussi parce que son perfectionnisme n’est jamais pris en défaut.

Malgré sa courte durée, le spectateur n’aura plus envie de quitter ces chenapans abîmés par la vie. Car, sous ses dehors simple, et n’hésitant pas à flirter avec le merveilleux, Ma vie de Courgette, aborde des thèmes graves et traduit des pensées intimes. Il peut aussi nous amuser avec des running gags (notamment quand ils parlent de sexualité et de zizis qui explosent). Mais c’est bien cette empathie immédiate pour chacun qui nous perce le cœur dès qu’il leur arrive un malheur (l’absence d’une mère, le trauma d’un fait divers vécu, la culpabilité d’un accident causé). Touchant, et même poignant, le film réussit à tirer les larmes et muscler les zygomatiques, tout en livrant une réflexion juste sur la notion de famille, de l’abandon à l’adoption. Pas besoin de juges, ces gamins méritent d’être adoptés par les spectateurs.

vincy



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