Choix du public :  
 
Nombre de votes : 245
 












 
Partager    twitter



festival-cannes.com
assassinat des moines de Tibhirine
page facebook du film

 

Des Hommes et des Dieux

Sélection officielle - Compétition
France


N’OUBLIE PAS QUE TU VAS MOURIR





 - Et que fait-on s’ils viennent au Monastère ? On se laisse tuer gentilment ?
- C’est un risque.


Xavier Beauvois nous emmène dans un voyage mystique. Des Hommes et des Dieux reprend les événements réels du massacre des Moines de Thibhirine et devient un postulat sur l’engagement de l’Homme au service d’un Dieu, mais aussi des villageois qui les entourent. L’infini et le banal. C’est aussi un double dialogue : celui avec Dieu, le grand amour de ces moines, et celui avec le pays qui les accueille, une Algérie  feu et  sang, o la barbarie fait paniquer les gens. De doutes en certitude, de peurs humaines en foi inébranlables, les sentiments contradictoires de ces Moines produisent une histoire jamais binaire, encore moin manichéenne.

Beauvois filme une Afrique du Nord (le monastère était situ en Algérie, mais pour des raisons de sécurit il a ét reproduit sur l’autre versant de l’Atlas, côt marocain) humaine et pauvre, chaleureuse et pacifique. Il s’attache aussi au quotidien humble et travailleur de ces Moines, parfaitemnt intégrés, ouvert au dialogue avec l’Islam. Leur martyr n’en ressortira que plus injuste. Le mouvement de caméra, lui, est toujours juste.

L’apparente sérénit de ces missionnaires que la réalisation conforte avec des plans longs, cette quiétude recherchée, ne cache pas l’irrationalit des actes sanglants commis dans la région. Et si chacun a un rapport intime avec les gens comme avec la nature, la vie en communaut s’avère tourmentée quand il s’agit d’affronter ses angoisses. La politique n’est pas absente avec deux séquences assez fortes o le gouvernement tente d’abord de protéger puis d’exiler ces Moines.  Votre sacrifice aura un arrière goût de manipulation.  De fait. Ils font le choix de ne pas user de leur libert, Acheter FIFA Coins leur pouvoir de partir. Et affronteront la terreur. Le film pudique ne nous la laissera pas voir. Cette absence de carnage est salvateur.

Cependant, l’œuvre souffre de son ambition. Le prosélytisme n’était peut-être pas intentionnel, mais Beauvois a sign une œuvre qui pourrait passer pour de la propagande chrétienne avec tous ces rituels, ces prières interminables, et ces chants répétés. Ils étirent un film épur. Ils peuvent être grotesques quand ils ont une valeur symbolique trop prononcée (un chœur en résistance au bruit du méchant hélicoptère qui survole leur bâtisse). Cet aspect documentaire sur cette communaut nous attire vers un ennui profond  certains moments. Et même vers un énervement palpable tant cela semble devenir un objet de fascination,  peine nuanc par le responsable gouvernemental. Certes, Beauvois a choisi leur point de vue, et uniquement ce point de vue. De l  nous infliger un tiers de la durée du film en routines religieuses

Mais le cinéaste se ressaisit vers son final avec, notamment, une scène iconographique et cathartique, o règne la félicit, l’appréhension puis la paix intérieure. Du bon vin, Le lac des cygnes (qui sera leur chant du cygne). Et la caméra tourne autour de la table, filmant chacun des comédiens. La musique accompagne leurs pensées, leurs visages se crispent ou sourient. La caméra se rapproche, les figeant en tableaux o le moindre tics, la moindre expression ext palpable. Cela finir sur les yeux. La porte de l’âme. Tout est dit. Mais le temps a paru long pour arriver  cette séquence pleine de grâce o ils nous saluent, marris.

vincy



(c) ECRAN NOIR 1996-2017