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Don't Come Knocking (Don't Come Knocking)

Sélection officielle - Compétition
Allemagne / sortie le 12.10.05


MONTANA DREAMS





"- Pourquoi as-tu laissé passer tout ce temps ?
- Je ne savais pas qu'il passait."

Un requiem haut en émotions. Voyage en écho à tous les grands thèmes et incontournables du cinéma de Wenders. Le final nous transportera chez Kusturica et ses pétillants coups de folie. Jubilatoire. Don't Come Knocking est une somptueuse variation sur l'errance, l'amour filial et, bien sur, le cinéma. Hommage au western. Des thèmes et décors chers au réalisateur. On se souvient de Paris, Texas, sacré Palme d'Or. Loin de faire du neuf avec du vieux, le réalisateur signe avec Don't Come Knocking un superbe road movie initiatique, se révélant par ailleurs scintillant miroir d'une fin de règne : celle du légendaire rêve américain mais aussi et celle du tout puissant Hollywood, inexorablement dévié de ce qui constitua ses éminentes heures de gloire : le western. Wenders lui rend un admirable hommage, poétisant délicieusement ses icônes et décors. Simplement beau. Coup de foudre garanti que l'on soit ou pas client du genre. Une fresque passionnée, haute en humour, le cinéaste se jouant de clichés westerniens pour les transcender. Il était une fois en Amérique, Howard, un cow-boy déchu tiré par son instinct de survie. L'amoureux transit mais solitaire à la recherche de cette flamme disparue… Le temps, ses inexorables séquelles... Don't Come Knocking conte l'entre deux. Ce passage des émotions destructrices aux sentiments les plus féconds. Naturellement, l'amour est au premier plan. Amour des autres mais aussi amour de soi. Transportés par un onirisme de chaque instant, le film nous inonde instinctivement de ses beaux sentiments. Le jeu d'acteurs nous prendra aux tripes du prologue au final. Bouleversant ! Howard dans l'introversion, Howard dans l'impulsion : l'exquis Sam Shepard, nous transporte deux heures durant, Tim Roth, moins convaincant, parvient à maintenir le cap. Hommage à la femme et à sa sensibilité. Une Sarah Polley, grandiose ; une Jessica Lange endurcie. Délicates implosions, franches expulsions : à l'arrivée, de véritables coups de grâces pour le spectateur et, naturellement, pour notre héros en plein cheminement spirituel.

Epatant et sensoriel ! On est envoûtés. Que de couleurs, dans tous les sens du terme. Bien au-delà de son style en matière de fictions, Wim Wenders nous offre un étonnant spectacle visuel, variant en toute élégance sur les paysages lunaires et alternativement, toute la vivacité des couleurs, lumières et architectures urbaines. Un chef d'oeuvre à contempler via deux couleurs dominantes : le bleu roi et le rouge. Place aux reliefs en toute beauté. Wenders nous stimule incessamment. Un voyage sans retour, de cet aride désert à ces chauds boulevards et casinos multicolores. Néons en effervescences, buildings en briques rouges, jeux de flashs et pastels, mouvements de caméra en flux et reflux, souci du détail, volubilité des focales : de la terre au ciel, du panoramique au gros plan, Wenders va et viens entre romantisme et sixties. Un esthétisme de la passion et des légendes pour maintes ambiances, à la fois rassurantes et électriques, à l'instar de cette magnifique histoire sur la paternité. Du grand cinéma.

Sabrina



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