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Caché (Caché)

Sélection officielle - Compétition
France, Autriche, Allemagne, Italie / sortie le 05.10.05


CODES RECONNUS





"- On va prendre un détective !
- Tu vois trop de polars à la télé !"

Soft games. Une fois de plus Michael Haneke s'englue nous offrant une énième histoire de bande magnétique menaçante. Situation de crise tranquille pour ce couple bourgeois clandestinement filmé. Un harcèlement insidieux puisque avant tout curieux. Toute la question sera d'en connaître les fondements, l'identité du corbeau restant en elle-même secondaire tant Caché se dispatche aux travers de fausses pistes et sous-intrigues entièrement gratuites. Haneke semble ne pas tenir son sujet. Le réalisateur brode péniblement pour délivrer un film évoluant entièrement en zigzags entre lectures, retours rapides et pauses.

Que de lourdes thématiques ! Vengeance, exorcisme des démons du passé, culpabilité, couple et famille en péril… Haneke va jusqu'à composer sur l'adoption et le racisme, sujets délicats ici abordés de manière furtive. Son scénario tourne en rond, sa mise en scène, réussie mais ordinaire, n'a point d'effets narratifs. A Juliette Binoche et Daniel Auteuil de prendre le relais. A Maurice Bénichou de le récupérer avant de leur restituer. Et ainsi de suite. De bonnes et régulières interprétations, notamment pour Bénichou, seul interprète que l'on retiendra, Annie Girardot et Bernard Le Coq ne faisant que passer en éclair. Viscéralement coincés par un scénario échafaudé sur le principe de limitation, Binoche et Auteuil ne trouveront aucun terrain d'expression. Deux personnages dévitalisés, pour ne pas dire auto-hypnotisés, confusion d'esprits oblige. Le sentiment d'égarement est efficient mais peu palpable. Rien ne passe, sauf d'évidentes redites, allant jusqu'à décrédibiliser le dit cocon familial en danger. Le film s'endort sur une quête étrangement vaine, exposée entre quelques flash-back, des confidences conjugales données au compte-gouttes et deux trois découvertes via situations coïncidentes. Peu de matière, un jeu de perturbations auto-suffisant. Haneke use maladroitement de soupçons et menaces fantômes pour construire une tension fragile, au mieux bancale. Son film regorge de redondances, tant filmiques que scénaristiques. Rien de convainquant. Un melo ankylosé, à mille lieux du thriller annoncé ; son réalisateur manifestement à cours d'idées. Haneke sera très certainement aux abonnés absents le 21 mai prochain. Le temps de l'organique Pianiste est assurément révolu.

Sabrina



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