Production : Sidney Kimmel Entertainment, Working Title, Universal pictures, StudioCanal
Réalisation : Paul Greengrass
Scénario : Paul Greengrass
Montage : Clare Douglas, Christopher Rouse, Richard Pearson
Photo : Barry Ackroyd
Décors : Dominic Watkins
Distribution : Mars
Musique : John Powell
Effets spéciaux : Double Negative, Framestore CFC
Durée : 105 mn

 

JJ Johnson : Cdt Jason M Dahl
Khalid Abdalla : Ziad Jarrah
David Alan Basche : Todd Beamer
Polly Adams : Deborah Welsh

 

festival-cannes.com
histoire sur wikipedia
site officiel

 

Vol 93 (United 93) (UA 93)

Sélection officielle - Hors compétition
USA / sortie le 12.07.06

Paul Greengrass a acquis sa réputation avec un film évoquant le terrorisme irlandais, filmé comme un reportage documentaire. Bloody Sunday, avant La mémoire dans la peau, avait reçu l'Ours d'or à Berlin. Il renoue avec ce genre, le docu-fiction pour aborder le 11 septembre 2001. Hollywood aura attendu cinq ans pour passer du deuil décent à la transposition en images d'un événement traumatisant. Il faudra un jour savoir s'il est utile de faire "revivre" ce type d'épisodes de l'Histoire, avec si peu de recul. Des téléfilms ont déjà fait sensations en prime time. Oliver Stone semble tout exciter à l'idée de faire un film (World Trade Center) sur le sujet. Greengrass avait un autre objectif : coller au plus près de la réalité. "Quarante personnes ordinaires (...) n'ont eu qu'une trentaine de minutes pour faire face au défi de notre époque, (...) la guerre contre le terrorisme." Il ajoute : "Depuis le 11 septembre 2001, nous sommes forcés de renouveler chaque jour le choix que les passagers ont dû faire entre rester passifs ou agir."




Hors compétition à Cannes, le film sort dans la foulée aux USA (et rapportera deux fois son budget, soir un box office honorable à 31 millions de $). Lancement périlleux d'ailleurs puisque le studio ne devait pas faire de bande annonce promotionnelle pour le film avant sa sortie, et une partie des recettes du premier week end devait être reversée au Mémorial des victimes du vol United Airlines 93. Ce n'était jamais que le troisième film sur ce vol qui n'a pas atteint son objectif (la Maison Blanche semble-t-il), après deux tentatives télévisuelles. "Un des aspects fascinants de ce vol est que nous ne savons pas précisément ce qui s'est passé. (...) J'ai eu l'idée de faire ce film dès le 11 septembre" explique Paul Greengrass. "Les personnages ne sont pas créés avec cohérence comme dans le cadre d'une fiction. Au contraire, il s'agit de 44 individus sans lien, réunis le temps d'un vol, qui ont façonné leur histoire. Nous les filmons en temps réel, pendant 90 minutes, du décollage jusqu'au crash final. Seules quelques séquences montrent des contrôleurs aériens afin de suivre la trajectoire de l'appareil" précise le cinéaste.
Les producteurs ont intégré les familles dans le processus de création. L'équipe, en elle-même, mélangeait un ancien producteur de l'émission d'actualités 60 Minutes et des individus ayant réellement participé à cette matinée infernale. dans leurs propres rôles, il y a le contrôleur aérien de Boston, la plupart des fonctionnaires de Herndon, le Major James Fox, le Sergent Shawna Fox, le 1er Lieutenant Jeremy Powell, le contrôle aérien de New York, et ceux de Newark. "Un nombre extraordinaire de personnes s'est manifesté pour que nous puissions donner au film le plus grand réalisme. En recoupant tous ces témoignages, nous avons pu avoir une vision assez précise des événements."
La fidélité était l'obsession de Greengrass. Si le travail documentariste est loué par la critique, on peut s'interroger sur l'aspect vain de cette forme de cinéma trop réel pour être vrai.

PS : le film a attiré 600 000 français en salles, en plein été. Un carton comparé aux autres productions américaines sorties en juillet, avec davantage de renommée ou de moyens.

v.



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