Production : Sputnik Oy, Yle Tv1, Pandora Films, ZDF, Arte, Pyramide Production, Bim Distribuzione, C More Entertainement
Réalisation : Aki Kaurismäki
Scénario : Aki Kaurismäki
Montage : Aki Kaurismäki
Format : Timo Salminen
Décors : Markku Patila
Distribution : Pyramide
Son : Jouko Lumme, Tero Malmberg
Costumes: Outi Harjupatana
Durée : 80 mn

 

Ikkla Koivula : Lindholm
Maria Jarvenhelmi : Mirja
Janne Hyytiainen : Koistien
Maria Heiskanenen : Aila

 

festival-cannes.com
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Les lumières du faubourg (Laitakaupungin Valot)

Sélection officielle - Compétition
Finlande / sortie le 01.11.06

« Dans le dernier film, je parle de la solitude des gens qui n’ont personne et qui ne peuvent pas rêver d’avoir quelqu’un. » (Aki Kaurismaki, conférence de presse cannoise, 22 mai 2006)





Un dernier tango
Troisième et dernier opus qui vient clore la « Trilogie des perdants » de Kaurismaki, après Au loin s'en vont les nuages sur le chômage et L'Homme sans passé, sur les SDF. Le festival les avait tous deux accueillis en compétition officielle en 1996 et 2002. Impossible de passer à côté du second, qui reçu le Grand Prix du jury, le Prix d’interprétation féminine (pour Kati Outinen) et celui du Jury Œcuménique au soir où Polanski empochait sa Palme d’Or. En dépit de ses vertues, Les lumières du faubourg reparti bredouille lors du dernier festival de Cannes. Et pourtant ! Son passage fût mémorable ! Kaurismaki, toute son équipe et même Gilles Jacob dansant le tango sur le tapis rouge à l’issue de cette montée des marches consacrée au film… Ajoutons l’implacable humour du cinéaste qui fit la joie de ses interviewers, entre auto-dérision, sarcasmes, voire tentatives avortées d’auto sabotage, puisque au final « il n’y a en fait rien à détruire dans ce film », nous démontrait par A plus B, le cinéaste en conférence de presse. Audacieux notre Kaurismaki !

Cannes ? Cette sixième participation du réalisateur finlandais en sélection officielle (tous programmes confondus depuis 1987 et son Shadows in Paradise) ? En direct du Palais dès le 22 mai 2006, Kaurismaki ne mâchait pas ses mots : « En tant que citoyen d’un petit pays, je n’ai pas beaucoup d’espoir car l’espoir n’est pas le lot des minorités. Je laisse les Yankees gagner leurs dollars. Et ils sont tellement avides qu ‘ils exportent leurs films ailleurs, mais il y a quand même quelques petits créneaux, quelques miettes, et moi, j’essaie de les ramasser ». LE coup de gueule de celui qui, depuis les années 80, produit avec son frère (Mika Kaurismaki), un cinquième du cinéma finlandais. Pas moins !

Charlie et ses drôles de larmes
Un homme déchu. Son errance. Un faubourg… Une femme fatale. Une bande de malfrats. Un sens de l’esthétique sans pareil. A l’arrivée, c’est avec un épatant hommage à Charlie Chaplin qui Kaurismaki parachève sa « Trilogie des perdants ». « A l'instar des personnages de vagabond qu'affectionnait Chaplin, le personnage principal, Koistinen, arpente le pavé à la recherche d'une petite place au soleil, mais l'indifférence générale et la mécanique sans visage de la société s'acharnent à briser ses modestes espoirs les uns après les autres. (...) Heureusement pour lui, l'auteur du film a la réputation d'être un vieil homme au coeur tendre, on peut donc espérer qu'une étincelle d'espoir illuminera la scène finale », nous confesse le cinéaste. « Charlie Chaplin est très souvent considéré comme le meilleur comédien de tous les temps », argumentait-il en conférence de presse. « Or on a la fâcheuse habitude d'oublier qu'il a été et reste le meilleur réalisateur du monde. Dans la même scène, il est capable d'insuffler à la fois le rire et la tristesse. Son cinéma ne peut que m'influencer ».

Un rôle phare interprété par Janne Hyytiainen. Le comédien collabore ici pour la seconde fois avec Kaurismaki (après L’homme sans passé). Nos clins d’œil à Maria Jarvenhelmi, Ikkla Koivula et Maria Heiskanenen fraîchement arrivés devant la caméra de cinéaste. Sans oublier le brio de Timo Salminen, son fidèle directeur photo.
Une éclatante toile à milles lumières qui resta parmi nos favoris 2006.

Sabrina



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