Production : Miramax International, Dimension Films, Troublemaker Studios
Réalisation : Robert Rodriguez, Frank Miller, Quentin Tarantino (guest)
Scénario : Frank Miller
Montage : Robert Rodriguez
Photo : Robert Rodriguez
Distribution : Pan-Européenne Edition
Musique : Robert Rodriguez
Durée : 123 mn

 

Clive Owen : Dwight
Mickey Rourke : Marv
Bruce Willis : Hartigan
Jessica Alba : Nancy
Benicio Del Toro : Jackie Boy
Elijah Wood : Kevin
Josh Hartnett : l homme
Michael Mandsen : Bob
Rosario Dawson : Gail

 

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Sin City (Sin City)

Sélection officielle - Compétition
USA / sortie le 01.06.05

Culture Pulps




La ténacité de Robert Rodriguez aura fini par payer. Que d'embûches avant mise en boite de ce comics né 1991 sous l'impulsion de Frank Miller (co-auteur des Robocop 2 et 3). "Sin City" simple roman graphique ? Assurément pas. Dès les premières heures, le comics fut propulsé bien au-delà du genre, éclatant d'une identité artistique et narrative définitivement à part. Positionnement graphique, récits atemporels, espaces fantômes, au sens littéral comme figuré ; le tout bouillonnant de marginaux, anti-héros et fatales féminités. Un univers sans borne en noir et blanc, strictement animé par la trivialité de ses personnages. LA création dont Franck Miller - selon ses propres aveux - ne voulait pour rien au monde être dépossédé. Robert Rodriguez ne tarda pas à bouleverser la donne. Je pensais que l'industrie cinématographique serait incapable de traiter mes comics sans les transformer en quelque chose qu'ils ne sont pas", nous explique Miller. "J'avais pris beaucoup de plaisir à créer mes bandes dessinées, j'en vivais bien et je n'avais aucun besoin de laisser quiconque tripatouiller à mon 'bébé'. Je me suis cramponné à ce point de vue jusqu'à ce que ce type, Robert Rodriguez, commence à assiéger mon avocat, puis mon éditeur, puis à me traquer moi… et, définitivement, il m'a plu". Un vrai coup de cœur pour le réalisateur des sagas Desperado, Spy Kids et, bien sur d'Une nuit en enfer, ici attelé à traduire en image et son les opus "Sin City" (l'histoire de Marv), "Le grand carnage" (celle de Dwight) et "Cet enfant de salaud" (Hartigan). Après tournage d'une séquence pilote Frank Miller, définitivement séduit, s'est engagé tout de go. Un travail de co-écriture tant axé sur la transposition filmique que Robert Rodriguez n'a pas souhaité être crédité en qualité de co-auteur. Une collaboration qui au final ne présente rien de foncièrement étonnant, "Sin City" restant proches des univers et langages de Rodriguez et, naturellement, tout aussi proche de la griffe Tarantino, son ami et fidèle collaborateur (Desperado, Four Rooms, Une nuit en enfer). Rappelons que Rodriguez avait signé la bande son de Kill Bill 2. A Tarantino de composer cette fois-ci, via la réalisation d'une séquence de l'opus "Grand carnage" (scène avec Clive Owen et Benicio Del Toro au volant sous une pluie battante). Clins d'œil et partages pour un dollar symbolique. "Instructif et très amusant", conclut Tarantino qui, pour la première fois, s'est collé au cinéma tout numérique. A l'arrivée, Sin City reste assurément imprégné de son influence mélangée à la patte de Miller. De quoi soulever bon nombre de discordances entre Rodriguez et la Director's Guild of America, dont la charte est défavorable aux films entrepris sous la coupe de co-réalisations. Une difficulté vaillamment résolue, le cinéaste ayant tout bonnement démissionné de la guilde dont il était membre.

Synergies
Vous n'avez pas pu y échapper : Sin City marque le grand retour de Mickey Rourke en tête d'affiche après une longue traversée du désert tant personnelle que professionnelle. Plus de dix années que le comédien enchaînait inactivité et rôles secondaires (Double Team, Buffalo 66, Animal Factory). En 2003, Robert Rodriguez le dirigeait déjà dans Desperado 2. Un brillant come-back, métamorphoses physiques et montée des marches à la clé. Bruce Willis et Clive Owen complètent le trio supporté par un étonnant ballai d'acteurs. On retrouve, entre autres Benicio Del Toro, Jessica Alba, Rosario Dawson, Brittany Murphy, Elijah Wood, Michael Clarke Duncan, Nick Stahl et Michael Madsen. Un casting choc. A l'écran, maintes performances qui nous plongent en un temps trois mouvements dans l'univers du comics. Déjà parle-t-on d'une suite - certains évoquent deux nouveaux opus - à venir en 2007. D'ici là, Quentin Tarantino nous aura livré Inglorious Bastards, kung-fu movie dans lequel - une chose est sure - il dirigera pour la quatrième fois Michael Madsen. Entre temps, tous deux seront à l'affiche de Hell Ride de Larry Bishop, co-produit par Tarantino même et inspiré de Desperado. Entre autres productions, interprétations et rapports d'influence le binôme Tarantino/Rodriguez se veut toujours plus prolifique. Bientôt une trêve avec The Adventures of Sharkboy and Lavagirl in 3D, le prochain film de Rodriguez à venir sur nos écrans en août prochain, co-écrit avec son fils Racer âgé de 7 ans. Sans doute moins d'hémoglobine en perspective.

Sabrina



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