Production : Nord-Ouest Production, Senator Film Produktion, The Bureau, Artemis Productions, Media Pro Pictures
Réalisation : Christian Carion
Scénario : Christian Carion
Montage : Andrea Sedlackova
Photo : Walther Vanden Ende
Distribution : UGC Distribution
Son : Mertens, Thomas Desjonquères, Dean Humpreys
Durée : 115 mn

 

Diane Kruger : Anna Sörensen
Guillaume Canet : Audebert
Gary Lewis : Palmer
Danny Boon : Ponchel
Bernard Le Coq : Le Général
Nikolaus Sprink : Benno Fürmann

 

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Dossier La guerre 14-18 au cinéma

 

Joyeux Noël (Joyeux Noël)

Sélection officielle - Hors compétition
France, Allemagne, Angleterre, Belgique, Roumanie / sortie le 09.11.05

Standing ovation à Cannes. Trente pays ont acheté Joyeux Noël qui - vous n'avez pas pu y échapper - a été choisi pour représenter la France aux Oscars 2006. Le film était en concurrence avec De battre mon cœur… et Va, vis et deviens, entre autres incontournables 2005. Verdict le 31 janvier, date à laquelle tomberont les prochaines nominations.





Le projet incube depuis 1993, année où Christian Carion a découvert "Batailles de Flandres et d'Artois", ouvrage d'Yves Buffetaut dont le chapitre "L'incroyable Noël de 1914" retraçait l'histoire de ces fraternisations entre ennemis à Noël 1914. Une d'entre elles évoquait la présence d'un ténor allemand, de sapins, de lettres échangées, d'un match de foot et visites de tranchées mutuelles… Le réalisateur s'en inspira aussitôt pour développer un premier synopsis. Christophe Rossignol (La haine, Irréversible, Jeux d'enfants, L'équipier), son futur producteur, lui conseilla de faire ses armes avant de se lancer dans le projet. Chose faite, avec Une hirondelle a fait le printemps… Dès 2002, Christian Carion se remit à l'œuvre, effectuant un important travail de documentation sur ces fraternisations, notamment d'après les archives anglaises. Quantités de personnages et détails du film sont ainsi étroitement inspiré de faits réels, de ce soldat qui habitait à deux pas de sa tranchée et rentrait chaque soir auprès des siens, à ce chat gambadant d'un camp à l'autre et qui, dans la réalité, fut accusé d'espionnage, arrêté et fusillé par l'armée française sur un peloton d'exécution. Exemple tant absurde que révélateur... Pourtant peu plausible à l'écran. Carion du ainsi rationaliser nombre d'évènements en les coupant au montage.

Difficultés de financement, non-délivrance d'autorisations (par l'armée française) pour recréer le no-man's land : quantités obstacles sont venus retarder le montage du film. Pas de quoi décourager notre réalisateur ; et encore moins l'équipe artistique. "Les acteurs ont montré leur attachement au projet. Mais sur le plateau, leur engagement est allé au-delà : comme moi, ils ont cherché à être au plus près de la vérité de ceux qui ont vécu cette guerre, comme pour honorer leur mémoire. A la manière de Gary Lewis ou Dany Boon dont un aïeul avait combattu en 14", nous confie le cinéaste. "Je suis très fier de les avoir réunis avec Guillaume Canet, Daniel Brülh, Diane Krüger, Alex Ferns ou Benno Fürmann, et de les avoir fait jouer dans leur propre langue, ensemble. J'ai veillé à ce que l'on aime leur personnage, indépendamment de leur nationalité. J'ai toujours pensé que la réussite de Joyeux Noël en dépendait. Par ce que la frontière sur le no-man's land n'était pas entre les camps. Elle était entre ceux qui ont fait la guerre et ceux qui voulaient qu'on la fasse. C'est pourquoi, pour moi, le film a plus qu'une dimension européenne. Il a une dimension humaniste".

On l'aura compris : Joyeux Noël accorde une place privilégiée à la musique et au chant qui, dans les faits en 1914, ont amorcé 90% des fraternisations. Philippe Rombi signe la bande originale du film. Interprétations d'opéras (par Nathalie Dessay et Rolando Villazon, soprano française et ténor mexicain), orchestres symphoniques (celui de Londres), airs de cornemuses et harmonica : de quoi marquer un tournant après ses précédents travaux sur Le coût de la vie, Jeux d'enfants, Comme une image et, bien sur, en collaboration avec François Ozon, dont il est le composteur fétiche (Les amants criminels, Sous le sable, Swimming Pool, 5x2). En 2001, Philippe Rombi signait déjà la BO d'Une hirondelle a fait le printemps.

Sabrina



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