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La fameuse invasion des ours en Sicile

Certain Regard
Italie / sortie le 09.10.2019


DES OURS ET DES HOMMES







C’est comment d’être mort ?

Attendu depuis plusieurs années par les amateurs de cinéma d’animation, La fameuse invasion des ours en Sicile est un conte, adapté du seul roman jeunesse de Dino Buzatti, et réalisé par l'illustrateur et auteur BD Lorenzo Mattotti dont c’est le premier long métrage. Visuellement époustouflant, notamment dans la richesse de ses décors, le film fait le grand écart entre son incontestable maîtrise technique, et le choix d'un positionnement un peu trop prudent. On sent que le film a été voulu pour plaire au (très) jeune public, quitte parfois à édulcorer le récit original, plus féroce, avec des éléments comiques comme les baladins ou les personnages fantoches.

Ce qui devrait faire réfléchir le spectateur sur sa part d’ombre et d’humanité se dilue ainsi bien vite dans la farce et le divertissement pur. La trame narrative semble aussi expédiée, comme s'il s'agissait moins de critiquer et dénoncer la société que de proposer des péripéties romanesques, ce qui est très clairement perceptible dans la construction en deux parties distinctes et sous forme de récit à l’intérieur du récit. Malgré tout, le film reste une fable très plaisante, charmante et joyeuse, qui témoigne de la grande force de l'animation française contemporaine.

On est notamment fasciné par les paysages majestueux et les scènes de foule spectaculaires qui donnent au récit un souffle épique pas si fréquent dans le cinéma d’animation. On est particulièrement impressionné par les centaines d’ours qui partent au combat contre les humains, de même que par une séquence comme celle où les ours, du haut de la montagne, font rouler de gigantesques boules de neige sur les hommes coincés dans la vallée. D’autres très belles idées visuelles émaillent cet affrontement entre les deux camps ennemis, à l’image des danses aériennes et joyeuses avec les fantômes des combattants, ou de l’attaque du chat géant Marmouset.

Le film se démarque par ailleurs par son refus de dissimuler ses effets “photoshop”, notamment dans la prolifération de personnages tous identiques, tout en assumant d’avoir ensuite à les animer simultanément à l’écran. Car le mouvement est indéniablement la clef du film, qui nous offre de nombreux plans d’ensemble sur les armées, mais aussi de grandioses travellings et autres plans aériens virtuoses. De quoi nous faire presque fermer les yeux sur la principale maladresse scénaristique du film, qui consiste à avoir ajouté artificiellement des personnages féminins (par souci d’équité) tout en en faisant des silhouettes à peine esquissées qui n’ont quasiment aucun poids dans l’intrigue, et de fait ne servent pas à grand chose (à part à faire joli ?).

MpM



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