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Les Particules

Quinzaine des réalisateurs - Compétition
France / sortie le 05.06.2019


STRANGER TEENS





« Est-ce que vous êtes prêts la jeunesse ? Allez, faites un sourire naturel ! »

Après deux moyens-métrages documentaires dont le très bon Armand, 15 ans l'été, Blaise Harrison s’essaye au long-métrage de fiction. Une tentative culottée mais assez vaine.

Phénomènes paranormaux

Dans un petit village à la frontière avec la Suisse, P.-A. et sa bande de potes vivent pleinement leur année de Terminale. Quelques mètres sous leurs pieds, l’accélérateur de particules le plus puissant du monde provoque des collisions de protons pour recréer les conditions d’énergie du big bang, et détecter des particules inconnues à ce jour. Alors que l’hiver s’installe, P.-A. voit le monde changer autour de lui et commence à observer des phénomènes étranges, des modifications dans l’environnement…

Fable écologique pour certains, film naturaliste pour d’autres, Les Particules a de quoi diviser. Et cela commence dès le personnage principal, P.-A., incarné par l’inconnu Thomas Daloz. Loin de sembler sympathiques, l’acteur et son personnage demeurent des parfaits étrangers pour le spectateur et tout au long du film. En parallèle, marginaux sans que l’on ne comprenne vraiment pourquoi, les adolescents du film de Blaise Harrison s’approchent dangereusement de la caricature. Ils ont des fous rires incompréhensibles, testent leurs limites, aiment les risques, se font des coups bas ici et là et font l’amour sans réelle implication. Si cette approche est excitante sur le papier, elle l’est bien moins sur grand écran.

Pendant 98 minutes, c’est donc au naufrage d’un film loin d’être sexy que l’on assiste. En effet, Les Particules a tout d’un film sur l’ennui façon Virgin Suicides. A la différence près que les jeunes des Particules ne fascinent pas, ne captivent pas, n’intéressent pas. Leur quotidien, particulièrement quelconque, est jonché de mauvaises décisions et de dialogues sans réel dynamisme. Voilà pourquoi le spectateur développe une impression de film plombé par le recours à des acteurs non-professionnels.

Réaliste et naturaliste à la fois, Les Particules a néanmoins le mérite de convaincre grâce aux phénomènes extraordinaires qu’il met en scène, ainsi qu’à sa photographie recherchée et son mixage sonore particulièrement réussi. Blaise Harrison s’autorise ici une histoire audacieuse qui lie subtilement l’adolescence à la physique mais qui aurait mérité une meilleure transposition visuelle. Le casting ne fait malheureusement pas honneur à ce projet qui finit par avoir des airs de film expérimentale de fin d’études. C’est dommage !

wyzman



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