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Dogs Don't Wear Pants (Koirat eivät käytä housuja)

Quinzaine des réalisateurs - Compétition
Finlande


PASSION S&M





Avec son quatrième long-métrage, J.-P. Valkeapää embarque le spectateur dans l’univers du sadomasochisme. L’occasion pour la Croisette de de bander dur et de rire fort, très fort !

Deuil morbide

Suite à la mort de sa femme, Juha est particulièrement mal en point. Il n’a plus le goût de rien jusqu’à sa rencontre avec Mona, dominatrice et adepte de pratiques SM. Ensemble, ils pourraient bien parvenir à panser leurs plaies respectives. Encore faut-il qu’ils parviennent à être ensemble…

Lors de sa première projection à la Quinzaine des Réalisateurs 2019, le nouveau bébé de J.-P. Valkeapää a fait l’unanimité. Et cela, notamment parce que le film à l’origine présenté comme un drame, s’avère être une comédie des plus jouissives. Complètement paumé pendant la première demi-heure du film, le héros, Juha, s’avère vite plus sympathique qu’on ne le pense. Sa femme n’étant plus de ce monde, il doit désormais élever leur fille Elli seul. Et il faut bien admettre qu’il a quelques lacunes en termes de communication. Mais ce sont précisément ses maladresses de papa coincé qui étoffent et donnent de la consistance au bonhomme.

Avec une sincérité presque dérangeante, J.-P. Valkeapää nous présente donc son héros dans toute son entièreté. De ses habitudes qui relèvent presque du toc, à sa rigueur professionnelle en passant par ses séances de masturbation cocasses mais touchantes, Juha est le héros que Dogs Don’t Wear Pants mérite. Sa rencontre avec la mystérieuse Mona n’en est alors que plus réjouissante. Leur première séance est d’ailleurs l’occasion pour le public de relâcher toute la tension accumulée depuis la mort de l’épouse.

Mais si le milieu du sadomasochisme a de quoi faire sourire certains, les raisons qui poussent Juha à le fréquenter sont bien plus sombres. Cardiologue de profession, il sait comment se procurer le plaisir dont il a besoin, quitte à mettre de côté les limites de son corps. Des limites que Mona se doit de connaître car tout accident la mettrait également en danger.

Folie scénaristique

Plus qu’un film sur le sadomasochisme, i>Dogs Don’t Wear Pants s’intéresse à la manière dont chacun réussit à traverser les pires épreuves de la vie et à avancer. Plus encore, le film de J.-P. Valkeapää passionne car il traite différemment de la manière dont les gens apprennent à se connaître grâce à leurs fantasmes et autres désirs sexuels.

Le film est boosté par une bande son enivrante, une photographie aux contrastes bien dosés et un joli grain apparent. Ce qui ne l’empêche pas de faire la part belle aux séquences complètement WTF et qui forcent le spectateur à détourner le regard. Nous n’en dévoilerons pas plus pour ne pas vous gâcher le suspense et préciserons simplement qu’il est préférable de ne pas manger juste avant. Brillants de justesse, Pekka Strong et Krista Kosonen forment un duo absolument incomparable tant leurs interactions concentrent sensualité, rapport de domination et fougue mais également tendresse et bienveillance.

Véritable expérience cinématographique, Dogs Don’t Wear Pants de J.-P. Valkeapää est un film un peu trash, vraiment drôle et surtout audacieux. On en ressort avec le sourire, prêt à affronter le monde le sourire aux lèvres.

wyzman



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