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Por El Dinero

Quinzaine des réalisateurs - Compétition



ANALYSE D’UN NAUFRAGE





« Quand on est traqués, le mieux c’est encore de sortir par la grande porte. »

Monteur renommé en Argentine, Alejo Moguillansky tente ici la réalisation atypique. Loin d’être hilarante, sa comédie Por El Dinero s’approche dangereusement de la catastrophe.

Maladresse sur maladresse

Une misérable troupe argentine d’acteurs, musiciens, danseurs et cinéastes embarque pour une tournée en Amérique Latine. Si l’amour de la scène les motive, l’argent est un moteur non négligeable. Malheureusement, concilier amour et argent pourrait bien s’avérer plus dangereux qu’ils ne le pensent.

Pendant près de 80 minutes, Alejo Moguillansky tente de jouer avec les codes de la comédie française sans toutefois y parvenir. Raconté par le biais d’un flashback surprenant (car en français), Por El Dinero a pour fil rouge le meurtre de deux des membres de cette troupe et dont les corps ont été retrouvés sur une plage. Que leur est-il arrivé ? Où sont les autres membres ? Voilà deux questions auxquelles le film répond maladroitement.

Convaincu que l’extravagance propre aux troupes d’acteurs et la frénésie qui les habite suffit à faire un bon film, le cinéaste argentin qui n’en est pas à son premier film, manque le coche. Por El Dinero est un effet un film décousu, truffé de personnages aux traits de caractère exacerbés et proches de la caricature. Le spectateur, perdu dans un torrent d’informations et de répliques sans saveur, n’a d’autre option que de se laisser bercer par la narration d’un Matthieu Perpoint loin de faire l’unanimité. Son jeu, à la fois superficiel et surfait, n’emporte personne et manque d’ennuyer.

Par chance, Alejo Moguillansky a eu la bonne idée de truffer son long métrage de rebondissements saugrenus mais qui, une fois le générique de fin arrivé, semblent avoir seulement pour but de combler le vide abyssal du propos. Car un film argentin sur la difficulté de gagner sa vie lorsque l’on est acteur était tout à fait légitime dans le cru 2019 de la Quinzaine des Réalisateurs. Mais le résultat est loin d’être à la hauteur de nos attentes. Entre deux banalités, nous restons circonspects, persuadés qu’un tel naufrage aurait pu être éviter par davantage de finesse dans l’écriture. Du côté de la mise en scène, l’ensemble est à peine correct. Seule reste alors la musique, porteuse de sens et capable d’enthousiasmer n’importe quelle audience.

Anecdotique dans un festival aussi prestigieux que le Festival de Cannes, Por El Dinero ne manquera pas d’être oublié.

wyzman



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