39-98 | 99 | 00 | 01 | 02 | 03 | 04 | 05 | 06 | 07 | 08 | 09 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19


 
 
Choix du public :  
 
Nombre de votes : 0
 












 
Partager    twitter



festival-cannes.com
Il était une fois Un homme et une femme

 

Les plus belles années d’une vie

Sélection officielle - Hors compétition
France / sortie le 22.05.2019


UNE HISTOIRE SANS FIN





Il était une fois il y a plus de 50 ans une célèbre rencontre qui allait faire naître un début d’histoire d’amour, et Jean-Louis et Anne allait devenir un couple mythique de cinéma. C’était en 1966, un jeune Claude Lelouch allait gagner la Palme d’or du Festival de Cannes avec Un homme et une femme. Depuis il a réalisé presque une cinquantaine de films et, à 81 ans, Claude Lelouch propose donc une nouvelle suite à cette fameuse histoire avec Les plus belles années d’une vie. Bien entendu Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée sont de nouveau réunis, et c’est un plaisir de les retrouver.

« On peut perdre la mémoire mais pas le souvenir du regard de quelqu’un. »

Dans une luxueuse maison de retraite en Normandie se déroule un quizz de culture générale pour ses pensionnaires, dans un fauteuil il y a un vieux monsieur fatigué qui ne connaît pas vraiment les réponses. Nous spectateurs on le reconnaît immédiatement, c’est Jean-Louis Duroc qui était autrefois un vif coureur automobile et qui, aujourd’hui, perd lentement la mémoire. Les souvenirs qui lui reviennent le plus précisément sont ceux d’une femme … Son fils va trouver Anna pour lui demander de lui rendre visite. Elle hésite mais y va quand-même, retrouve cet homme qui a du mal à la reconnaître. Peu à peu les souvenirs vont revenir et se mélanger au présent.

Les plus belles années d’une vie n’est pas vraiment une nouvelle histoire ni à peine une suite, c’est plutôt un album-photo (en vidéo) nostalgique : ce film est ponctué de différentes scènes du film original Un homme et une femme. Un des écueils est justement de presque passer sous silence la véritable suite que le trio Lelouch/Trintignant/Aimée avait déjà fait Un homme et une femme, 20 ans après, suite qui avait le mérite de continuer et de compléter leur histoire. Ce nouveau film montre les retrouvailles de ce couple (et ce que sont devenus leurs enfants) uniquement par le prisme de souvenirs de leur rencontre 53 ans plus tôt, en ‘oubliant’ ce qu’ils avaient vécu entre temps.

Claude Lelouch a plusieurs fois lancé la production de certains de ses films comme des paris, avec de belles réussites mais aussi des échecs. Les plus belles années d’une vie est ce genre de pari risqué. Jean-Louis Trintignant avait déjà annoncé qu’il arrêtait sa carrière d’acteur mais il donne son accord ; et Anouk Aimée se laisse convaincre. Le tournage a duré une dizaine de jours. La célèbre mélodie chabadabada est bien entendu encore en musique dans ce nouveau film mélancolique, dont une bonne partie consiste à revisiter aujourd’hui les lieux iconiques de la rencontre d’antan (rouler en voiture sur les planches de Deauville, la chambre de l’hôtel Normandy). Claude Lelouch s’amuse d’ailleurs avec la narration pour imaginer différentes ‘évasions’ du couple pour que le présent ravive la jeunesse de leur passé.
« Il est plus facile de séduire mille personnes que de séduire mille fois la même femme ». Jean-Louis Trintignant avec son grand âge a toujours gardé sa même voix espiègle et Anouck Aimée son regard enjôleur. C'est ce qu'il y a de plus beau dans le film-testament, variation expérimentale autour d'un film culte et fondateur. On appréciera de les retrouver aujourd'hui, de voir ce temps qui passe. Les plus belles années sont-elles vraiment celles que l’on n’a pas encore vécues ? En tout cas, Lelouch semble penser que les plus beaux films de sa vie sont ceux qu'il a déjà mis en boîte. Il ne cesse de tourner, comme une obsession, autour de cette histoire dont la fin sera écrite par quelqu'un d'autre.

Kristofy



(c) ECRAN NOIR 1996-2019