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Alice et le Maire

Quinzaine des réalisateurs - Compétition
France / sortie le 02.10.2019


LA GAUCHE POUR LES NULS





- Monsieur le Maire, on nous attend.

- Non, non. On nous attend pas, on m’attend moi.


Quatre ans après le thriller Le Grand Jeu, Nicolas Pariser nous revient avec une comédie dramatique particulièrement réussie et toujours axée sur la politique. Un vrai régal !

Incursion en politique

Maire de Lyon, Paul Théraneau va mal. Il n’a plus d’idées. Après plusieurs décennies en politique, il n’a plus d’énergie. C’est là que la jeune et brillante philosophe Alice Heimann doit l’aider : grâce à leurs échanges, elle doit lui permettre de trouver de nouvelles idées.

Dès le premier quart d’heure d’Alice et le Maire, le spectateur comprend l’enjeu de cette comédie : quand une figure politique n’est plus elle-même et ne parvient pas à se raisonner, ce n’est pas juste un cabinet qui en pâtit, c’est toute une communauté (ville, département, région, Etat ou autre). Grâce à un personnage qui semblera vite être une parvenue, Nicolas Pariser a l’audace de dresser le portrait d’une France et d’une ville de Lyon que l’on a parfois du mal à reconnaître et à comprendre.

Au cours d’échanges particulièrement vifs voire pointus, Alice (Anaïs Demoustier) et Paul (Fabrice Luchini) évoquent les torts et les travers des politiques d’aujourd’hui ainsi que les problèmes qui ralentissent sérieusement les avancées de toute une ville. Grâce à une narration qui n’a rien à envier au roman d’apprentissage, le réalisateur français en dit long sur cet univers souvent fantasmé et constamment critiqué qu’est la politique.

Du service communication qui privilégie le marketing à l’information au mauvais accueil réservé à des délégations, Alice et le Maire montre à quel point il est parfois difficile de répondre aux attentes de chacun, en particulier quand des guerres d’ego font rage. Plus qu’une comédie sur l’amitié qui lie deux personnes aux parcours différents, Alice et le Maire est un film de fiction qui retrace les étapes capitales de ce qui peut amener jusqu’à l’Elysée.

Une comédie centriste ?

Truffé de rebondissements et d’imprévus, le film rétablit la vérité sur les élus locaux ainsi que sur les électeurs. La droite est ici critiquée pour son libéralisme toxique tandis que la gauche en prend pour son grade et son socialisme de façade. Dans la lignée de L’Exercice de l’Etat, Alice et le Maire s’offre une petite révolution en dénonçant des figures politiques particulièrement actuelles. (Le public cannois a particulièrement applaudi une réplique visant Emmanuel Macron.)

Si le style est loin d’impressionner, l’écriture est impeccable. A l’instar de ces deux interprètes principaux qui se donnent une fois de plus corps et âme dans des rôles qui viennent encore étoffer des filmographies déjà impressionnantes. Côté seconds rôles, on notera avec plaisir les présences de Nora Hamzawi (la collègue de bureau un peu bitchy), Antoine Reinartz (le roi déchu de la com’) et Maud Wyler (la femme un peu barrée du meilleur ami d’Alice) au casting.

Sans jamais prétendre atteindre la perfection, Alice et le Maire est une comédie qui marque par la pertinence de son récit et l’impertinence de ses dialogues. Le dernier acte passionnera les foules tandis que la conclusion ravira les plus optimistes d’entre nous.

wyzman



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