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House of flying daggers (House of flying daggers)

Sélection officielle - Hors compétition
Chine


A KNIFE’S TALE





- Je te croyais ardente comme la braise et tu es froide comme la glace.

Zhang Yimou a réalis� un film avec une aveugle et un autre avec des combats martiaux. Ce coup—ci il nous livre un � deux films en un � : une aveugle qui maîtrise les arts martiaux. Fallait y penser. Rien qu’au titre (en français : La maison des poignards volants) vous savez � qui vous avez � faire : ne surtout pas prendre l’objet au sérieux. Involontairement comique, les dialogues sont des chapelets de lieux communs et de proverbes intemporels.
Complètement naïf, le scénario vire au kitsch bollywoodien et s’évertue � nous emmener vers une tragédie belle comme l’antique, avec une trahison, du sang, de l’amour et un zeste de sacrifice. Mieux qu’un péplum. Car cinématographiquement, Yimou délaisse le cinéma d’auteur pour viser le plus large public chinois. Sans subtilit� mais avec un véritable désir de plaire, le cinéaste se prosterne devant les dollars. Pourquoi pas. Il est amusant de voir un film chinois détourner tous les codes cinématographiques qu’Hollywood a pomp� sur le cinéma européen et asiatique. Ici, du Western � Matrix, tout est revisit� sauce soja. En fait, nous assistons � un beau spectacle, une héroïque fantaisie. Folklorique (des costumes aux chansons), le film est retors (pensez : un triple agent !!!) et le tout verse dans l’eau de rose avec une morale féministe. Inventons un terme : du Chinawood, dans la lignée des Tigre et Dragon et autres Hero. Mais voil�, quand on aime le cinéma, et c’est notre cas, on ne peut que craquer face � tant d’assaut de séduction. Des combats ou des duels de toute beaut�, avec une imagination que seul le numérique aide � assouvir, cela permet au film d’offrir une vraie puissance. Disons que tout est survitamin�, � commencer par un son très étudi� pour nous balancer cette puissance. Il n’y a rien de réel : on le voit bien. Les effets spéciaux traduisent une vacuit� scénaristique (une baston, des caresses, un échange verbal et on recommence) mais permettent aussi de divertir comme un cartoon. Les lancers de poignards sont invraisemblables. Un vrai jeu de billard. De même la scène des bambous (anthologique) n’a rien de crédible. Mais grâce � un montage serr�, une surenchère dans l’action et des rebondissements dignes d’un soap, le film s’amuse � nous captiver. Avec deux fois rien : juste un couple d’acteur � tomber par terre tellement leur grâce et leur beaut� nous piègent sur place.
Car l’esthétique a son mot � dire. A la suite du très bel Hero, Yimou renoue avec ce jeu de couleurs qui force l’admiration. Du vert végétal � la neige épaisse, des couleurs dignes d’un ét� canadien aux couleurs chatoyantes de la Maison des plaisirs, le cinéaste ne se donne aucune limite pour faire oublier la naïvet� du propos et nous éblouir avec de la bonne action et de belles images. Même si parfois elles insultent notre bon goût : une fois l’orgasme des amants obtenu, le 7ème ciel atteint, que filme-t-il ? Des nuages ! Dans ce film divertissant o� les morts vivent encore (le froid ça conserve) et les vivants ont la peau dure, le spectateur voit les couteaux volés mais pas les anges passés.

vincy



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