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En attendant les hirondelles

Certain Regard
Algérie / sortie le 08.11.2017


LES AILES DU PRINTEMPS





Le cinéma nord-africain profite indéniablement d’un nouveau souffle depuis quelques années. Much Loved (Maroc), Hedi, un vent de liberté (Tunisie), Le Caire Confidentiel (Egypte), pour ne citer que des films récents y contribuent. En attendant les hirondelles, premier film de l’algérien Karim Moussaoui, en fait indéniablement partie malgré ses quelques défauts. Il rejoint ces films qui décryptent le monde arabe moderne, avec ses fissures constitutives de son évolution, et sa force, son intensité liées à des individus souvent mis de côté par la société.

Le film est découpé en trois histoires, reliées par un air de Bach, et forme un portrait d’une Algérie contemporaine, finalement méconnue. Chacun des récits, et de ses personnages, dépeint un pays sali par ses erreurs, ses maux, son passé. Le titre annonce un espoir qui permet à chacun de rêver au printemps.

Le film épate. Il est indéniablement brillant. Les comédiens, la musique et la mise en scène sont en parfaite harmonie. Si ça ne révolutionne pas le cinéma, le message qu’En attendant les hirondelles porte est aussi troublant qu’inquiétant, tout en nous touchant profondément (grâce aux tourments des personnages).

La finesse et la richesse de l’ensemble sont sans aucun doute en rapport avec l’écriture de chacun d’entre eux. Pourtant, le film est inégal. La première histoire est banale, la deuxième impressionne un peu plus. Mais il faut attendre la troisième pour être conquis. On voyage ainsi dans différentes strates sociales, dans divers décors du pays.

Entre désillusions et rêves, sensualité et rage, le cinéaste essaie d’équilibrer des scènes convenues, des instants plus inspirés et des audaces admirables. Le constat, en revanche, est peut-être trop facile, ou échappera à ceux qui ne connaissent pas le pays. En ce sens, il manque d’universalisme. Il reste coincé dans sa structure et dans ses frontières, dans sa culture et dans son procédé.

Cela n’empêche pas de croire à un avenir meilleur. Le cinéma trouve ici sa plus belle fonction : reflet du présent et réflexion sur le devenir.

vincy



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