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Transfiguration (The Transfiguration)

Certain Regard
USA / sortie le 26.07.2017


UNDER THE SKIN





«- On t’a déjà dit que tu parlais peu ?
- Non.
- Vraiment ?
- Personne ne me parle.
»

Ce film de Vampire n’est pas un film comme les autres, dans son genre. Il s’agit d’utiliser la vampirisation comme une métaphore. L’histoire est ailleurs : un ado, mal dans sa peau, ne se remettant pas de la mort de sa mère, noir de peau ayant peur dans le noir, solitaire vivant dans des faubourgs lugubres.

Etre vampire c’est sucer le sang de ses victimes pour mieux grandir. L’ado est en transformation. Le cinéaste Michael O’Shea, dans un premier temps, séduit. Il cherche à contourner les règles du genre, à nous bousculer. Ainsi cette première scène où l’on croit voir une pipe homo dans des urinoirs sordides. Milo ne fait que pomper le sang de sa victime.

Sa fascination pour les films de sanguinaires alimente nos interrogations. Cela s’avère finalement vain, sauf à considérer que son autre passion, la cinéphagie, est aussi destructrice que son plaisir de mordre. Ou que les meurtres auxquels nous assistons ne sont que des rêveries morbides pour passer le temps…

Ce collégien tout à faire normal, harcelé au point de se faire pisser dessus (après tout, comme le sang, c’est un autre fluide), humilié, insulté, tombe amoureux d’une fille pas comme les autres.

Un amour amical entre scarifiés, sacrifiés. L’ennui alors nous gagne. L’atmosphère bizarre et inquiétante ne suffit pas à nous happer. Les étrangetés nous indiffèrent. La mise en scène et le récit ne se dépassent pas pour muer le film en autre chose qu’une simple histoire de malédiction.

Le « héros » atone, qui n’éprouve rien, est touchant. Mais nous ne ressentons rien. Le rythme est trop nonchalant. Pourtant, on reste accroché. On attend le dénouement. Le spectateur passe par tous les états sans vraiment savoir s’il aime ce film ou pas.

La fièvre dans le sang

Michael O’Shea n’est finalement jamais aussi brillant que lorsqu’il laisse la poésie, son acteur et l’image l’emporter. Las, parfois il ne peut s’empêcher d’insuffler du rationnel, de la parole. Et l’amour comme seul remède possible à sa soif de sang, cela semble terriblement pesant et facile.

Mais avec cette musique « sourde » qui hausse la tension, et un vampire adolescent, presque gamin, il cherche à démontrer, maladroitement, inégalement, sa singularité. C’est parfois monstrueux et inattendu, parfois fade et déjà vu. Le cinéaste veut jouer avec nos nerfs en demeurant en permanence sur la même tonalité. Le montage est habile mais ne sauve pas un scénario trop succinct.

L’épilogue brouille tout, rendant cette allégorie tragique. Bon et fou, le gosse est dans une impasse. Nous aussi.

vincy



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