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uma thurman
quentin tarantino
Kill Bill, vol 1

 

Kill Bill vol. 2 (Kill Bill vol. 2)

Sélection officielle - Hors compétition
USA / sortie le 17.05.04


THURMAN JOUE SA RAGE A L’IMAGE





« - Cette femme mérite sa vengeance et nous méritons de mourir. Ceci dit, elle aussi. Alors on verra bien, non ?»

Oyé Oyé. Nous cinéphiles devons allégeance à toutes les blondes qui nous ont fait bander à l’écran. Les Lana Turner et autres Uma Thurman. "Umagnifique". Sans elles, quel ennui serait le cinéma ! Sans elle, quel chienlit aurait été Kill Bill, tous volumes confondus.
Le premier était un remix de tout ce que l’action et les cascades avaient apporté au 7ème art. Le second n’est que la version acoustique (« unplugged »), nourris de dialogues et de verbiages. Ouvres complémentaires et distinctes, les deux opus, au final, donnent un sentiment égal : divertissant mais trop long, maîtrisé sans être original. Bref, entre jouissance cinéphilique et impuissance neuronale, Kill Bill n’est qu’un exercice de style rendant gloire à une actrice. Que dis-je, une star. Une bombe. Une tueuse (du regard). Une exception à la blonde. Uma Thurman est prodigieuse. Et basta.
Le reste n’est que bla bla. « Un rugissant ravage de revanche. » Rien que ça. Des références (Sergio Léone et autres westerns, films d’horreurs et autres séries Z) à profusion. Des dialogues à foison. Reconnaissons ici un grand talent pour Tarantino : savoir faire monter la tension avec quelques mots, nous inquiéter avec des acteurs jamais tranquilles d’esprit. Et puis ces personnages sont ici bien plus crédibles. Un Madsen minable, nettoyeur de merde et presque abruti. Une Darryl Hannah racée, impitoyable, sadique et érudite. Sans parler de Carradine lui-même, dominateur suprême et papa poule.
Dans ce film, peu d’action. Hormis le duel des deux blondes, tout est hors champ ou expédié. Le cinéaste cherche constamment à nous manipuler pour nous maintenir en haleine. Même si le spectateur un peu malin va rapidement comprendre comment la lutte finale s’achèvera en un coup de main.
On retient peu de choses de tant d’esbroufe. Un cinéma boulimique et rassasiant, mais presque sans saveur. Hormis quelques séquences (celle de l’enterrement, à déconseiller aux claustrophobes), Tarantino ne sait que refaire ce qu’il sait déjà faire, des "close combats" aux interminables échanges verbaux. Sans cesse flirtant avec la parodie, frôlant parfois le ridicule, le film peut faire rire comme nous indifférer. Cruelle torture à l’instar de ce que Bill inflige à Béatrice Kiddo. Tarantino est aussi maso que Carradine. Un masochisme qui n’épargne personne et qui rend Uma toujours plus belle, toujours plus forte. Mais le public un peu moins réceptif. C’est souvent excessif, et le fan devra s’armer d’endurance face à tant de souffrance. C’est trash et gore, une série B qui a choisit un plan B pour se sortir de son impasse : se diviser en 2 pour raconter une histoire d’un film. Trop de digressions et de détails inutiles, trop d’action et trop peu de rebondissement, nous détournent l’attention.
Au final, Ce sandwich n’est pas indigeste, mais un peu lourd. La moitié aurait suffit.

vincy



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