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festival-cannes.com

 

Cinéastes à tout prix (Born to film)

Sélection officielle - Hors compétition
Belgique / sortie le 14.05.04


C’EST FILME PRES DE CHEZ VOUS





« - Y a quelque chose de donchiquotesque qui me touche beaucoup. »

Pire qu’Ed Wood, plus amateur et économe que Le Projet Blair Witch, voici une compilation de navets (quoi que) intitulés Maquis contre Gestapo, Histoire du cinéma 16, Furor Teutonicos, Mon curé au pays des sorcières...
Je ne plaisante pas : ces films faits avec des bouts de chandelle et une foi inébranlable pour le Dieu cinéma vont monter les marches du prestigieux Festival de Cannes (après un détour au festival de Canne : authentique !). Mégalos ces trois Belges ? Et alors ? Certes Rousseau est clairement le plus déjanté des trois et justifie tel plan en s’inspirant de Kubrick (rien que ça). Mais voir des spaghettis voler ou un curé se tortillant avec des rêves érotiques arabisants a de quoi bousculer nos regards les plus blasés. Car, avouons-le, ce type d’oeuvres (entre film amateur et art brut) aurait été méprisé, incendié, par la critique cannoise. Ici, elle fera l’objet d’un bel hommage. Car si artistiquement tout est mauvais, c’en est plus que drôle. Déjanté mais pas seulement. On sent que le délire (ou la souffrance) s’exprime ainsi comme d’autres peignent ou écrivent. Rêve d’enfant ? Ou alors simple désir d’exister différemment ?
Nous ne le saurons jamais. Le documentaire reste un hommage et non pas une analyse,il s’agit d’une jolie observation sur ce qui motive tout cinéaste (raconter une histoire, faire vivre des situations fictives). Et d’ailleurs, leur cinéma est du pur cinéma : tout est toc, factice, fictif. C’est ce qui le rend séduisant puisque les codes visuels et narratifs sont bouleversés. Tandis que le documentaire, lui, épouse une forme très étudiée : insertion des extraits, scénarisation des aveux, introduction des personnages et bel épilogue collectif. Cinéaste à tout prix présente un cinéma marginal, absurde pour ne pas dire surréaliste (puisqu’on est en Belgique), tout en étant lui très sage, très cadré et même formellement plutôt bien réussi.
Tout cela est un éloge du dérisoire. De l’artisanat. Et par conséquent une critique, en creux, d’une industrie de plus en plus formatée. Ici, nous rejoignons Mondovino, avec quelques barbares, des autodidactes, des passionnés, et des hommes qui, finalement, se résignent à voir une société permissive et libre disparaître. Le droit à l’erreur et aux failles semble révolu.

vincy



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