39-98 | 99 | 00 | 01 | 02 | 03 | 04 | 05 | 06 | 07 | 08 | 09 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18


 
 
Choix du public :  
 
Nombre de votes : 16
 












 
Partager    twitter



festival-cannes.com
The Stooges (wiki)
site internet du film

 

Gimme Danger (Gimme Danger)

Sélection officielle - Séances spéciales
USA / sortie le 01.02.2017


SEARCH AND RESTORE





Qui est Iggy Pop ? Aujourd’hui malgré son âge avancé (bientôt 70 ans), son apparence semble être identitique à celle de sa jeunesse : c’est ce bon vieux rocker qui est toujours torse nu, maigre et musclé, qui chante encore et toujours le tube ‘I Wanna Be Your Dog’. Avant de devenir une icône de la musique, il s’appelait James Österberg, et à la fin des années 60 son groupe The Stooges allait participer à l’énergie punk de l’époque. C’est son histoire qu’il nous raconte devant la caméra du cinéaste Jim Jarmusch.

Le cinéma est un domaine que Iggy Pop connaît un peu pour avoir participer à différents films comme musicien où comme acteur (jouant son propre personnage d’ailleurs), dont Dead Man et Coffee and Cigarettes réalisés par Jim Jarmusch. Les deux hommes se sont donc retrouvés pour ce documentaire Gimme Danger qui s’attache à évoquer plus particulièrement les années du groupe The Stooges. Le dispositif est simple : Iggy Pop évoque ses souvenirs lors de différents entretiens avec Jim Jarmusch, et ceux-ci sont valorisés par des images d’archives. Celui qui était alors James Österberg dévoile son enfance, sa jeunesse, ses débuts dans la musique et ses quelques succès qui lui ont valu le surnom de l’iguane au sein de The Stooges. Tour à tour charmeur et ironique, ce caméléon parle de tout, et ce long témoignage illustré permet de (re) découvrir une époque révolue. Le rock’n roll commençait à rugir vers ce qui allait devenir le punk, et les prestations scéniques très agitées de Iggy Pop étaient alors exubérantes : la sulfureuse réputation du groupe était faite.

Gimme Danger, par ailleurs le titre d’une chanson, s’attarde en particulier sur les brèves années de succès du groupe avec les 3 premiers disques : The Stooges en 1969, Fun House en 1970 et Raw Power en 1973. En concert il y a de l’agitation sous les projecteurs, mais en coulisse la face cachée est plus sombre : le groupe connaît divers problèmes relationnels et quelques addictions aux drogues. Les fans verront quelques très courtes interventions des autres membres (Scott Asheton, Ron Asheton, James Williamson…). Cependant, dans ce documentaire tout comme dans l'histoire du groupe, c’est toujours Iggy Pop qui s’accapare le succès de l'époque (la reformation éphémère 30 ans plus tard est à peine abordée). Iggy Pop se veut le dépositaire de ce qui serait l’héritage de The Stooges, un succès fulgurant porté par quelques tubes (‘I Wanna Be Your Dog’, ‘No Fun’, ‘Search and Destroy’…). Cette version de l’histoire échappe à l’hagiographie avec divers anecdotes personnelles (l’influence des MC5 ou de David Bowie…) sans occulter certains facteurs qui ont causé le sabordement du groupe dont le premier disque avait été peut-être leur meilleur coup.

Si The Stooges pourrait se définir au final par un état d’esprit rebelle et iconoclaste, ce documentaire est lui plutôt sage et académique. Le montage des documents d’archive est parfois rythmé d’images animées un peu humoristique, mais rien de punk dans sa réalisation. Durant ses entretiens avec Iggy Pop, le cinéaste Jim Jarmusch ne dialogue pas avec lui et reste en retrait dans l’écoute. Le cinéaste est dans une position de passeur pour transmettre cette histoire. Encore aujourd’hui quand on voit Iggy Pop présent dans la salle lors de la projection de minuit à Cannes ou quand il prend un micro, il se dégage de lui une aura particulière, dont on comprendra mieux l’origine. On dit que “Si la légende est plus belle que la réalité, imprimez la légende”, ce documentaire de Jim Jarmusch en forme de lettre d’amour arrive aujourd’hui pour perpétuer cette légende.

Kristofy



(c) ECRAN NOIR 1996-2018