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A Perfect Day

Quinzaine des réalisateurs - Compétition
Espagne / sortie le 16.03.2016


CORDE SOURCE





Certains films décalés alliant l’horreur de la guerre et le rire peuvent réjouir. Mais l’association des deux est audacieuse pour ne pas dire délicate. Tout est dit dès le titre. La journée parfaite va être un cauchemar. Sur fond de guerre des balkans, le réalisateur Fernando Leon de Aranoa nous propose une aventure plus burlesque que tragique. Un rien peut faire sourire puisque la réalit� des protagonistes est sérieusement déformée par rapport � celle d’un peuple qui vaque � ses occupations banales ou s’occupe de pendre les traîtres. Il y a, heureusement, des gags hilarants, qui ponctuent cette � farce � � la Kusturica. Et le cinéaste amène une ambiance rock dans cette fable qui veut démontrer que la vie est tout sauve un fleuve tranquille qui file tout droit vers la mer.

A Perfect Day utilise des archétypes (chaque personnage est défini comme s’il s’agissait d’un cluedo). Chaque acteur lui donne la chair, les gestes et les regards nécessaires pour les rendre attachants. Mais l’ensemble fonctionne moyennement. Comme si l’alchimie ne prenait pas réellement dans ce groupe aussi balkanis� que le territoire sur lequel ils évoluent.

S’il n’y avait pas l’humour, on pourrait croire, même que tout les sépare. De MASHLa vie est belle, des Chèvres du PentagoneUnderground, l’exercice est casse-gueule. Er la dérision pas forcément bien comprise si elle n’est pas lisible. Ce qui est le cas ici. Ce n’est pas assez acide et l’acide n’est pas assez caustique. On ne peut pas faire un film � cool � si on n’assume pas une dose de cynisme ou un regard satirique. Il faut une sacrée dose de génie pour savoir divertir autour d’un massacre ethnique. Ainsi Sacha Baron Cohen n’est pas Charlie Chaplin et Leon de Aranoa n’est pas Kusturica.

Et contrairement � Altman, jamais le réalisateur ne souligne l’absurdit� des conflits, élément basique dans ce genre de films. Il nous distrait parce qu’il filme une mission qui foire comme s’il s’agissait d’un braquage de banque mal prépar�. Il nous séduit quand il casse le rythme de son, entre une paysanne qui prend son temps et un humanitaire hystérique. Cette journée en enfer «que n’aurait pas reni� un Terry Gilliam, avec sans doute plus de génie, roule beaucoup trop au bord des précipices, sur ces routes en lacet, pour ne pas se casser la gueule. A Perfect Day oscille ainsi entre mort et humour, survie et compromis, mot fatal et mot drôle.

Mais, au final, c’est aussi explosif qu’une vache.

vincy



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