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Les Cowboys

Quinzaine des réalisateurs - Compétition
France / sortie le 25.11.2015


NOUVEAU WESTERN





Un festival de musique country où tout le monde est habillé en jean, bottes et chapeau: on pourrait se croire au Texas. Mais nous sommes en France, avec Alain et Nicole, accompagnés de leur fille de 16 ans, Kelly, et du petit-frère. Au milieu de la fête, on ne retrouve plus l’adolescente : elle a disparue. Les parents vont découvrir que leur fille avait des secrets, dont un petit-copain Ahmed plus âgé...

Le titre du film Les cowboys convoque un imaginaire de western, avec ses indiens et ses batailles pour un territoire : et c'est bien ça que Thomas Bidegain raconte, sous forme de métaphore. La symbolique est transposée à notre époque, entre 1994 et aujourd’hui. Le film commence à la fin des années 90, quand on ne parlait pas encore dans les faits divers de djihad, et au fil des années les personnages découvriront avec stupéfaction les attentats terroristes de New-York, Madrid, Londres du début du millénaire.
Enlèvement ou fugue, ou quoi ? Les parents vont apprendre que leur fille Kelly se fait désormais appeler Aafia. C'est terriblement d'actualité. Le père va devoir explorer de nouvelles frontières, des territoires inconnus, à la recherche d’une piste pour retrouver sa fille. Pendant une quinzaine d’années, sa famille et le monde vont exploser…

«Ta fille n’est plus ta fille. »

Pour son premier film derrière la caméra Thomas Bidegain se saisit d’un sujet complexe et sensible. Il a une expérience d’écriture déjà reconnue, comme scénariste - notamment sur les films de Jacques Audiard Un prophète, De rouille et d’os, et Dheepan présenté cette année à Cannes.
Mais là il a voulu passer derrière la caméra: «C’est ma chanson à moi et il fallait que je la chante, je voulais surtout diriger des acteurs »
On y redécouvre un François Damiens dans un rôle dramatique comme il sait s’y bien s’en saisir, le jeune Finnegan Oldfield, ainsi que l'omniprésent John C. Reilly.

A l’image, le film est découpé en plusieurs chapitres, portant chacun un titre, en fonction de l'importance du personnage: ‘Kelly’, ‘Alain’, ‘Aafia’, ‘Mayyadah’, ‘Charles’, ‘L’Américain’, ‘Ahmed’, ‘Shazana’, ‘Kid’… Ce séquençage permet à l’histoire de progresser avec différentes ellipses sur plusieurs années, et même plusieurs générations. Les Cowboys raconte autant la trajectoire d’un père à la recherche de sa fille que celle d’un fils à la recherche de son père ou celle d’un frère à la recherche de sa sœur…Une histoire de liens, de sang, de racines.

Devant cette vaste fresque familiale et géopolitique (d'Europe jusqu’au Pakistan), on remarque avec joie que pour son premier film, Thomas Bidegain porte une ambition d’une rare audace dans le cinéma français actuel. Et c'est enthousiasmant.

Kristofy



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