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Sleeping giant

Semaine critique - Films en sélection
/ sortie le 17.02.2016


SWEET FIFTEEN





"Si j'avais un gosse comme moi, je me battrais."

Sleeping giant est une histoire de ‘coming-out of age’ où, le temps d’une saison, trois jeunes garçons vont se frotter aux limites de leur adolescence, avec son cortège d’ennui, de rébellion, et d’inquiétudes. Le film débute d’ailleurs comme les vacances : on se fait des nouveaux amis, on teste les limites à franchir. Les trois garçons jouent à se bagarrer, un jeu qui permet déjà de voir qui est le plus fort, et surtout d’apercevoir qui sera dominant et qui sera dominé.

Les cousins Nate et Riley avec leurs cheveux dans les yeux et le cou font la paire, ils s’affranchissent des règles du bien et du mal. Adam le rouquin avec son visage encore un peu enfantin obéit lui toujours à ce qu’il considère comme bien. Forcément, il sera influencé par les deux autres et les suivra sur le chemin de la découverte de ce qu’il n’ose pas faire tout seul. Après la complicité des bêtises à faire ensemble va arriver la trahison à travers les choses à faire pour soi contre les autres…

Le réalisateur Andrew Cividino montre dans la première moitié du film une suite de scènes juxtaposées avec des ellipses, on observe cette complicité qui grandit entre les trois garçons avec en même temps les premiers interdits qui sont leur terrain de jeu de débauche (fumette, lancer des œufs sur d’autres maison, voler de l’alcool…). Les autres personnages autour apparaissent sans forcément beaucoup de liens directs avec eux (le père de Adam qui se cache durant une fête, les filles qui font du trampoline…). La suite du film va se resserrer sur quelques jours et quelques évènements qui vont prendre une tournure de plus en plus dramatique (Adam apprend le secret de son père, une des filles sera l’objet de désir que se disputent deux des garçons…). Les trois garçons connaissent déjà le moyen de s’arranger avec leurs conflits : prouver aux autres qu’on est le plus fort, ou le plus courageux face au danger. Il y a cette falaise haute de plus de 30 mètres au dessus de la mer où personne depuis longtemps n’a osé sauter…

Sleeping giant rassemble aussi bien des thématiques du Bully de Larry Clark que du Respire de Mélanie Laurent, où comment l’adolescence est encore et toujours synonyme de la fin de d’une innocence. Il y a de jolis moments et d'autres choses plus convenues, voire prévisibles, car Sleeping giant ne s'affranchit jamais vraiment des nombreuses chroniques adolescentes estivales que le cinéma produit chaque année. Il en reste malgré tout le souvenir d’avoir découvert le premier film de Andrew Cividino, car on est déjà persuadé qu’il s’agit là de l’éclosion d’un nouveau talent à suivre.

Kristofy



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