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Henri

Quinzaine des réalisateurs - Fermeture
Belgique / sortie le 04.12.2013


PLUS BELLE LA VIE?





"Ton haleine je la sens jusqu'ici!"

Il y a toujours quelque chose de touchant à voir un film aussi humble et sincère. Henri porte tous les stigmates d’une Yolande Moreau en quête perpétuelle d’un humanisme qu’elle ne cesse de chercher comme on cherche de l’or. Elle filme les petites histoires, les moments de grâce malgré la crise, les sourires plutôt que les larmes. Même un deuil est enchanté par une forme de suavité évidente. Moreau aime les gens d’en bas, les « ptites gens » comme on dit. C’est forcément attachant. Toutes ses valeurs y sont : générosité, solidarité, tolérance. Il n’y pas une once de méchanceté. Tout juste quelques broutilles. Un vrai conte de fée.

Son deuxième long étrage n’a pourtant pas l’absurdité, la folie, l’intensité de son premier, Quand la mer monte. Henri souffre d’une mise en scène sans élan. Malgré sa troupe d’alcoolos marginaux, l’ivresse manque. Le scénario fourmille de bonnes petites idées, l’humour est loufoque, mais il manque l’étincelle pour nous embarquer complètement dans la renaissance d’un homme brisé par les aléas de la vie. Moreau a toujours la bonne réplique qui fait rire (« Je suis morte », après avoir organisé un repas collectif pour un enterrement). Ça ne suffit pas.

Sans doute aussi parce qu’elle a péché par excès. Les diversions nous égarent, comme cette virée en France pour des pigeons. C’est barré, mais pas assez vertébré pour que le film conserve son rythme. Si bien que l’œuvre devient une simple romance dotée d’un certain regard, un joli regard certes. Yolande Moreau réalise un blues sentimental plus qu’un folklore social.

On revoit ainsi les Deschiens dans cette galerie de portraits. On voit la comédienne quand elle fait l’éloge du théâtre pour tous. Aucun mépris, aucun cynisme. Le film est juste plus dramatique, avec ses gros coups de mou, et une tonalité plus dépressive. Il y a du Kervern/Délépine, du Abel & Gordon. On aurait préféré que ce fantasia chez les ploucs soit sans doute plus léger, plus ténu. Reste la poésie. Et une fabuleuse distribution qui rend hommage à tous ces oubliés qu’elle dépeint avec justesse.

vincy



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