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Le démantèlement

Semaine critique - Films en sélection
Canada / sortie le 04.12.2013


LES LOUPS ET L’AGNEAU





"On est dans la même ville mais on ne vit pas dans le même monde"

C’est l’histoire d’un père. Père avant tout, qui est prêt à sacrifier tout ce qu’il a, tout ce qui faisait son existence, pour aider ses filles. "Un père, pour être heureux, doit tout donner", dit-il. Mais c’est aussi l’histoire d’une région et d’une profession. L’histoire d’une époque où les campagnes se meurent et où l’élevage traditionnel disparaît au profit d’horreurs sur-intensives.

Voilà, c’est tout ça, ce n’est que ça, Le démantèlement. La chronique douce amère d’une époque qui s’achève et d’une vie qui change, filmée avec énormément de délicatesse par Sébastien Pilote. Il ne faut pas s’attendre à y trouver des scènes spectaculaires ou des éclats dramatiques, pas de rebondissements inattendus ou de Deus ex Machina prodigieux. Juste le regard bienveillant du réalisateur, qui filme une région qu’il connaît bien, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, et prend le temps d’en montrer la beauté.

La douceur de vivre, l’humour et la légèreté côtoient ainsi une mélancolie sans fond bercée par une musique folk très présente. Mais Sébastien Pilote évacue cette douleur lancinante qu’il filme de très loin, en montrant juste son personnage de dos, un peu affaissé. Pas besoin de voir son visage (celui de Gabriel Arcand, intense et magnifique) pour ressentir sa peine et sa résignation. Et si le constat du film est très amer (le sacrifice consenti par un père pour des filles peu reconnaissantes, mais aussi le sentiment d’une vie gâchée par une activité agricole qui a tout dévoré sur son passage), il ne s’en dégage pas moins une humanité bienveillante qui contrecarre tout misérabilisme. On ne sait ce que deviendra le personnage principal, mais on a l’espoir que, pour lui, un choix reste possible.

MpM



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