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Moi et toi (Io e te)

Sélection officielle - Hors compétition
Italie / sortie le 18.09.2013


AUBE ET CRÉPUSCULE





Dès les premières images, le film Moi et toi est résumé par le visage qu’on nous offre à voir et auquel on s’attachera rapidement : juvénile et acnéique mais non dénué d’un certain charme singulier et sauvage. Celui du charismatique jeune protagoniste, Lorenzo, incarné par Jacopo Olmo dont on ne cessera d’ailleurs de s’étonner de la performance d’acteur pour une première expérience. A l'aube d'un jeune talent...

Un film qui ne parle d’une certaine manière que de la jeunesse, le thème obsessionnel de Bertolucci. Mais pas de la jeunesse heureuse et insouciante, ici c'est une jeunesse torturée dont il est question : un adolescent de quatorze ans solitaire et nerveux, ne trouvant l'apaisement qu'avec sa musique sur les oreilles pour oublier les liens familiaux distendus. Il décide contre toute attente de se cacher du monde pour ne pas aller en classe de neige alors que ses camarades n’attendent que ça avec impatience. Une jeune femme artiste, toxicomane, sa demi-sœur qui ne tarde pas à le rejoindre dans sa planque secrète venant troubler ses plans de solitude pour des retrouvailles qui ne seront pas de tout repos.

L’intrigue est ainsi centrée sur ces deux personnages et prend rapidement l’allure d’un huis-clos "polanskien", dans cette cave poussiéreuse qui devient le théâtre intime des secrets et blessures des deux jeunes gens.

Scénario et mise en scène minimaliste d'un vétéran du cinéma cherchant ses limites, après une longue absence, au crépuscule de sa vie et ayant perdu sa mobilité. L'ensemble est au service d'un message simple énoncé par la demi-sœur : « arrête de te cacher tu es grand maintenant ». Le film s'avère finalement être un message d'espoir par la possibilité montrée de faire son bout de chemin malgré ses névroses et, une fois l'estime de soi retrouvée, ces deux êtres isolés, à l'écart du monde, peuvent enfin l'embrasser. On pourra déplorer un film qui ne nous emmène pas aux sommets mais on ne saura accuser Bertolluci de bon sentiment tant l'ensemble respire la sincérité.

Jules



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