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Ici et là-bas (Aqui y alla)

Semaine critique - Films en sélection
Espagne / sortie le 13.02.2013


ALLER ET RETOUR





"Je veux une vie meilleure pour vous."

Le cinéma latino-américain, particulièrement celui que l’on découvre dans les festivals, nous a habitués ces dernières années à des œuvres qui restent dans l’attente, dans l’anodin, et donnent à sentir une ambiance plus qu’elles ne racontent une histoire. C’est clairement le cas de cet Ici et là-bas qui annonce, dès son titre, presque le plus clair de son intrigue.

On assiste donc aux retrouvailles entre Pedro, qui était "là-bas" (aux Etats-Unis) et sa famille restée "ici" (un petit village mexicain). Un repas de famille, une fête populaire, une conversation entre le père et sa fille… Les moments se succèdent, ténus, sensibles. Les silences et les regards laissent percevoir les liens qui se nouent, la complicité et la confiance qui renaissent. Une famille comme les autres, avec ses petits drames intimes et ses bonheurs minuscules.

Le temps passe au fil de scènes courtes et quotidiennes qui semblent toujours commencer lorsque tout est dit, comme si elles se contentaient de saisir les creux entre deux moments-clef. En quatre chapitres d’emblée prophétique, puisqu’ils annoncent l’issue du récit, le cinéaste Antonio Mendez Esparza capte une certaine douceur de vivre, et parallèlement les difficultés matérielles et concrètes de ses personnages.

Pourtant, parmi les sujets adoptés, aucun ne devient central. La caméra reste à distance, observant froidement les différents protagonistes mener leur vie. Cela conduit à une langueur austère, légèrement ennuyeuse, qui empêche le spectateur de véritablement adhérer à ce qu’il voit. On a beau, au détour de l’une ou l’autre séquence, être touché par le destin de Pedro et des siens, ils restent malgré tout trop éloignés, trop opaques, pour permettre à eux seuls au film de s’abstraire de ce dépouillement étudié qui est devenu la marque de fabrique d’un certain cinéma contemporain plus que le signe d’une véritable vision cinématographique.

MpM



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