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Des Hommes sans Loi (Lawless)

Sélection officielle - Compétition
USA / sortie le 12.09.2012


FRERES GAME





«- Ça sent les emmerdes à fond. »

Ne tournons pas autour très longtemps : Des hommes sans Loi nous déçoit. Que ce film soit réalisé aujourd’hui surprend tant il reprend tous les codes des films de gangsters du début des années 30. Les méchants contrebandiers d’alcool sont héroïsés, les voyous glorifiés, et les flics au mieux malmenés, au pire détestables. Que l’on fasse encore des films de ce genre surprend. Sans recul, sans distance, sans même une réinterprétation des codes. Car, au delà de cet aspect nostalgique d’un cinéma défunt, flirtant d’un point de vue artistique avec le cinéma des années 60-70 (entre autres Peckinpah, Penn), la mise en scène, classique, réserve peu d’éclats. John Hillcoat se contente de faire le job comme un cinéaste appliqué face à un scénario assez prévisible, composé de personnages stéréotypés.

En cela les acteurs sont bien castés : ils ont le physique, et l’image, de leur rôle. Hardy joue les chefs, Chastain les blondes émancipées, Wasikowska les oies blanches… Mais comment Guy Pearce, habituellement si subtil, a pu se laisser entraîner dans un personnage aussi caricatural qu’un agent spécial maniaque, sadique et si lourdingue ? Comment avoir pu choisir Shia LaBeouf , certes d’allure chétive et craintive comme il le fallait pour la première partie du film, peut avoir convaincu les producteurs et le réalisateur tant il est peu crédible en revanchard prêt à flinguer pour le final ?

Des hommes sans Loi est un honnête divertissement, plutôt bien foutu, mais il frôle le navet tant certaines scènes sont grotesques, confinant avec le ridicule (parfois on rit quand le réalisateur voudrait que l’on soit tendu). Le scénario ne nous épargne même pas quelques invraisemblances pour justifier ses deux heures. Les rebondissements sont factices : cela fait longtemps que le salaud aurait pu être tué, comme cela fait longtemps que le chef de bande aurait du mourir.
Hillcoat nous ennuie et ce n’est pas une gorge tranchée à vif ou une baston violente, censées faire leur effet sensationnel, qui y remédiera. A l’inverse quelques séquences touchent davantage. Notamment lorsque Chastain détruit la version des faits de Hardy, qui préférait sa légende. Ce Western d’entre deux guerres montre aussi, furtivement, au début, la crise économique de l’époque et la ségrégation qui y sévissait.

Tous ces clichés, ce manque d’imagination, ou d’inspiration, où l’hémoglobine et le plomb des balles font beau ménage, où certains chiquent et d’autres frimes, empêchent le film de se singulariser. Entre carnage et romances Harlequin, la farce l’emporte sur la force. Les rares sursauts de violence, dans des décors maintes fois vus, nous font émerger par moment de la lente anesthésie dans lequel Des hommes sans Loi nous plonge. Même l’assaut final semble baclé.

Finalement tout le film tient sur la même ligne droite : un gamin, le plus jeune des trois frères, ne parvient pas à tuer un cochon avec son fusil. Toute la question est de savoir si le même, plus âgé, pourra tuer l’agent du procureur qui l’empêche de s’enrichir légalement. Vous avez sans doute deviner l’énigme. On vous l’a dit, c’est prévisible.

vincy



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