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Drive

Sélection officielle - Compétition
/ sortie le 05.10.2011


BOULEVARD DE LA MORT





"Tu vas devoir passer ta vie  faire gaffe."

Élégant et maîtris, Drive flirte brillamment avec les codes du polar asiatique  qui il emprunte les accès de violence brute et la mise en scène stylisée. Au contraire des films d'action américains traditionnels, il reste en permanence sur le fil, refusant toute surenchère, et favorisant la nuance au détriment du spectaculaire. Cela en fait un film de genre efficace, doubl d'un brillant exercice de style qui combine tension anxiogène, esthétisme et émotion. Sur un scénario parfois un peu convenu, surtout dans sa dimension romantique,FIFA Coins Nicolas Winding Refn privilégie l'aspect graphique des plans, le fondu des ralentis ainsi que la force d'évocation de la bande originale nerveuse et colorée, tantôt lancinante, tantôt stridente. Tout cela contribue  faire du film un objet cinématographique captivant o la narration se dilue peu  peu dans les impressions mouvantes et complexes qu'il appose touche par touche comme un peintre.

Le récit reste donc sur le fil, dans une retenue parfois frustrante car empêchant tout manichéisme, toute facilit de climax édifiant. Même la violence est larvée, explosant par brusques accès trash dans de courtes scènes d'une sécheresse émotionnelle confondante. Qu'il utilise un marteau, une arme  feu ou simplement sa voiture, Ryan Gosling garde le même visage impassible, parfois perversement travers par un imperceptible sourire. Mélange de Steve Mc Queen version Bullitt et de Clint Eastwood période Dirty Harry, il est opaque et inquiétant, un mur de béton contre lequel viennent se fracasser tous ceux qu'il rencontre, des personnages qu'on croiraient sortis d'un film des Frères Coen. Sa prestation est d'autant plus remarquable qu'il est quasiment mutique, contraint d'utiliser son regard, son corps et ses plus petits gestes pour exprimer la complexit du personnage. Ce dernier reste d'ailleurs foncièrement opaque, ce qui renforce la réussite du film. On ne saura donc jamais rien de ce "chauffeur" de génie capable d'exploser littéralement le visage d'un homme avec ses pieds. Âmes sensibles s'abstenir.

Hommage  un certain cinéma des années 80, boost par le maniérisme assum de la mise en scène, et dans la lignée de manifestes ultra-violents et stylisés comme Old boy ou Bittersweet life, Drive donne l'impression de se réapproprier une nouvelle fois le genre avec presque rien et une véritable dynamique. D'une noirceur absolue, d'une froideur chirurgicale, le film fait oublier son principal défaut - la romance convenue entre le chauffeur et sa voisine - par son audace visuelle jubilatoire.

MpM



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