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Hanezu, l'esprit des montagnes (Hanezu no tsuki)

Sélection officielle - Compétition
Japon / sortie le 01.02.2012


LA FORET DE SOMNIFERES





"Je t'aime de tout mon coeur, voil� pourquoi je t'ai affront�"

Lorsqu'il faut lire la note d'attention d'un film pour comprendre ce qu'a cherch� � dire son auteur, on peut considérer que, dans une certaine mesure, l'oeuvre est ratée. Naomi Kawase a beau avoir ses adeptes, notamment � Cannes, ses longs métrages ont souvent besoin de cette explication de texte, et notamment cet étrange Hanezu no tsuki.

A l'écran, c'est une succession de plans extrêmement serrés, souvent tremblants ou mal cadrés, d'objets et de couleurs symboliques (teinture rouge, canari jaune, nourriture verte...), de situations � la limite du trivial. Dans le dossier de presse, au contraire, le propos est élev�, ancestral, presque métaphysique. A chacun de faire le chemin (pav� de symboles et d'allégories) pour passer de ce ressenti visuel minimaliste aux hautes sphères spirituelles visées par le film.

Soit on y arrive, et sans doute cette route cinématographique sineuse et ingrate vaut-elle le déplacement - impossible � savoir tant que l'on n'a pas réussi le voyage. Soit on s'ennuie ferme devant ce trio amoureux convenu, qui se déchire comme des centaines de milliers avant lui. Tout ce qu'il reste � faire est de se raccrocher � de petites choses. Cela donne une impression morcelée de l'intrigue, mais au moins retire-t-on plus de ce puzzle fragment� que du film pris dans sa globalit� froide et opaque.

A défaut d'enjeux dramatiques ou de personnalités bien définies, laissons-nous envoûter par une atmosphère, une petite musique intérieure. Des couleurs vives dans une image terne, des repas mitonnés avec joie et sollicitude, des paysages majestueux. Le destin des personnages se fond dans celui des temps anciens et se mue en un rituel inaliénable, celui des amours impossibles et de la vacuit� du temps. Cela aurait pu être poétique, � défaut d'être passionnant, mais le film apporte trop peu au sujet pour parvenir � nous atteindre.

MpM



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