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La conquête

Sélection officielle - Hors compétition
France / sortie le 18.05.2011


L’ENNEMI DE L’INTÉRIEUR





«- Je suis comme Virenque, je tombe, je me relève et je gagne la course. »

Qu’on ne se méprenne pas : La Conquête<:i> n’ayant rien de politique, la critique qui va suivre ne comporte aucun point de vue partisan. On serait même tenté d’écrire que le film, contrairement à sa réputation qui l’a précédé, est plutôt sympathique à l’égard de son personnage principal. Dans la forme, Xavier Durringer ne s’est pas très éloigné d’un téléfilm. Dans le fond, il s’est contenté de passer en revue, les citations cultes, les petites phrases de la page 2 du Canard enchaîné, les petits et grands épisodes médiatiques du quinquennat de Chirac et les situations sensationnelles traversées par Nicolas Sarkozy. La Conquête est un film sans grande envergure, totalement anecdotique.
Cette comédie aux airs de docu-fiction dégoûterait n’importe qui de la politique, résumée à des stratagèmes, des combats d’égos et des rancoeurs acides. Jamais le scénario n’évoque les décisions publiques ou les résultats obtenus.
Pourtant il y avait un sujet fort à se mettre sous la dent, si le film avait choisi son angle : Sarkozy intime ou Sarkozy public. Dans les deux cas, c’est un homme seul contre tous dans un jeu de pouvoir. Le héros d’un thriller où il serait « unstoppable ». Mais La conquête n’est qu’une succession d’étapes inégales, reconstituant la guerre permanente entre l’homme de Neuilly et le clan des Chiraquiens. Ainsi, Dominique de Villepin apparaît belliqueux et hypocrite, et finalement comme le véritable méchant de l’histoire.
Assez fade, pour ne pas dire plat, l’œuvre de Durringer n’énerve jamais et fait sourire grâce à ses répliques cinglantes et ses humiliations. « Avec cette foutue transparence, on ne peut plus nier la réalité » : mais avec cette foutue transparence surtout on n’apprend rien de neuf. Tout était déjà su. Ce n’est qu’un florilège qui rend ce film digne d’un bêtisier luxueux de fin d’année. La psychologie est oubliée aux dépens d’un portrait dont on connaît par cœur chacun des traits. Côté casting, Podalydès réussit un joli tour de force, dominant d’une tête (un comble pour son personnage surnommé « le nain ») ses acolytes. Reconnaissons qu’il était vicieux de faire imiter Ségolène Royal par Dominique Besnéhard. Mais heureusement, il y a Bernard Le Coq, incroyable Jacques Chirac. C’est d’ailleurs dans leur scènes de duel que La conquête se révèle un peu plus profond, soulignant les blessures communes aux deux hommes.
Cet espace qui les sépare aurait mérité davantage de place dans un film qui s’agite dans tous les sens. La musique le prouve : tout cela n’est que du cirque.

vincy



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