39-98 | 99 | 00 | 01 | 02 | 03 | 04 | 05 | 06 | 07 | 08 | 09 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19


 
 
Choix du public :  
 
Nombre de votes : 22
 












 
Partager    twitter



festival-cannes.com
site internet du film

 

Inside job

Sélection officielle - Séances spéciales
USA / sortie le 17.11.2010


CAPITALISM : A LOVE STORY





"Rien n’est sans conséquence."

Après Cleveland contre Wall Street, Inside job s’attaque à son tour à la crise financière de 2008 et à ses origines. Ici, pas de procès, mais un brillant travail documentaire qui détaille les différents mécanismes (bancaires, financiers, politiques…) ayant conduit à ce véritable cataclysme économique.

Avec beaucoup de pédagogie malgré le foisonnement d’informations, Charles Ferguson montre que tous les facteurs de cette crise sont intimement liés, de la dérégulation massive opérée à partir des années 80 à la place croissante de la finance dans la société en passant par la bulle du crédit immobilier, la couverture de défaillance des assurances et les conflits d’intérêt des observateurs et universitaires. Il nourrit son propos de schémas, définitions, témoignages, images d’archives et commentaires en voix-off (lus par Matt Damon) qui illustrent les différentes étapes de son raisonnement. On reste dans la sobriété mais sans s’ennuyer une seconde.

En effet, la multiplicité des points de vue et des réactions face aux questions du réalisateur apporte un petit côté ludique au film. Par exemple, on rit beaucoup devant les interventions de Frederic Mishkin, un économiste américain ayant touché 124 000 dollars de la Chambre de commerce islandaise pour rédiger un rapport faisant l’éloge du secteur financier islandais, et qui bégaye de stupéfaction et d’impuissance devant toutes les questions qui le mettent en cause. A voir ces images, on a l’impression qu’avant l’arrivée de Charles Ferguson, il n’avait jamais réalisé se trouver en situation de conflit d’intérêt. A sa décharge, il n’essaie pas de noyer le poisson à l’inverse de plusieurs autres interlocuteurs qui soutiennent les yeux dans la caméra qu’ils ne voient pas en quoi toucher de l’argent pour écrire un rapport pose un problème… Glenn Hubbard (Doyen de la Columbia University Business school), lui, s’énerve carrément. Comment ose-t-on lui poser des questions aussi insolentes ? Charles Ferguson n’a même pas besoin de faire grand chose pour mettre ses interlocuteurs face à leurs contradictions et montrer l’absurdité du système en entier. Ce serait juste hilarant si les conséquences n’avaient été aussi terribles.

D’ailleurs, cette enquête captivante se dévore comme un thriller, dense et magistralement écrit, qui ne dévierait jamais une seconde de son sujet. Quand on vous dit que la réalité dépasse souvent la fiction…Pour ceux qui n’avaient jamais rien compris à ces histoires de subprimes et de titrisation, on frôle la révélation mystique. Pour les autres, c’est une excellente synthèse reposant sur des éléments bien concrets. Dans les deux cas, on sent que le réalisateur mise sur l’intelligence de son spectateur, sollicitée en continu durant 1h40.

MpM



(c) ECRAN NOIR 1996-2020