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The Myth of the American Sleepover

Semaine critique - Films en sélection
USA


BIENVENUE DANS L’AGE INGRAT





«- Les miroirs, c’est pour sniffer de la coke, pas pour fumer des joints. »

The Myth of American Sleepover s’inscrit dans un cinéma où l’errance et l’inquiétude l’emportent sur les destins tracés d’avance et les certitudes. Portrait quasiment documentaire d’une adolescence américaine qui n’a rien à voir avec celle des films hollywoodiens, le film s’interroge sur les mutations transgressives de gamins qui voient les portes du monde adulte s’ ouvrir à eux, tout en hésitant à quitter l’univers de l’enfance. Les soirées pyjamas font alors figure de rituels, au sens le plus primitif du terme, avec ses excès, ses enjeux, ses épreuves.

Plastiquement, le film ne semble pas daté et reflète une Amérique qui pourrait être celle des années 50 comme celle des années 80. Les visages ne sont pas forcément beaux. Les corps n’ont rien de ceux habituellement exhibés au cinéma. Même les lieux illustrent une Amérique impersonnelle, une civilisation où le gymnase, la piscine, le supermarché, la fac, les résidences de banlieue font figure de symboles, assez déshumanisés.

On se retrouve embarquer dans cette quête obsessionnelle : un(e) partenaire, un baiser, un geste… l’attraction fatale des sexes résonne comme une initiation où de simples seins émoustillent les garçons, ou l’on se branle dans les chiottes devant une revue coquine. Le plus intéressant reste le comportement même de ces jeunes enfermés dans un système de valeurs et de préjugés qui laissent pantois. On peut-être vite catalogué de pervers. Les incompréhensions se mélangent aux appréhensions et à une véritable méconnaissance de l’humain. Pour le reste, on n’apprend rien de nouveau. Les personnages ressemblent juste à ceux de sitcoms, la mélancolie en plus. Les jeux n’amusent qu’eux, et embarrassent davantage le spectateur qu’ils ne le divertissent. La chronique douce amère, aussi charmante soit-elle, manque d’énergie, et même d’humour. Quelques longueurs freinent l’entrain du début. Bien sûr « tout n’est pas obligé de se passer ce soir », mais en étant trop pudique et trop sérieux, The Myth of American Sleepover n’invite pas forcément à rejoindre ces ados attachants dans leurs « délires ».

vincy



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