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Film Socialisme

Certain Regard
France / sortie le 19.05.2010


ÊTRE MAIS SURTOUT NE PAS ÊTRE





"Vous avez vu, ils ont supprimé les paradis fiscaux. Qu'est-ce qu'on faire ?!"

Jean-Luc Godard ne pouvait revenir qu'avec un projet un peu fou qui semble matérialiser à l'écran le cheminement d'un internaute insatiable et impatient, passant d'un contenu à un autre en un clic. Ce sont notamment les "choses comme ça", mélange de citations, d'images de vidéo-surveillance, de bribes de scènes. Il y a des chatons qui ne savent pas miauler, un ancien criminel de guerre, de l'or espagnol, une mer d'encre... Ou encore un passage intitulé "Quo vadis Europa", un questionnement lucide et faussement naïf sur les valeurs de la France : liberté, égalité, fraternité, par deux enfants qui refusent d'utiliser le verbe "être". Ou enfin les "Humanités" qui nous conduisent à Barcelone ou en Palestine, avec d'autres images et d'autres voix.

Il ne faut pas avoir peur de Film socialisme mais le vivre comme une expérience radicale et novatrice permettant au spectateur de saisir au vol les bribes de paroles ou d'images qui éveillent quelque chose en lui. Chacun en a forcément une lecture éminement personnelle, car le jeu de pistes ne fonctionne que si l'on y met beaucoup de soi-même.

C'est grâce à cette interaction que surgit brutalement l'émotion, à un moment différent pour chaque spectateur. On peut aussi se laisser bercer par cette petit musique, n'en absorber que les principaux accords, s'abandonner à la rêverie... s'endormir, peut-être, s'ennuyer, jamais. En effet, que le rêve soit éveillé ou non, persiste longuement dans notre esprit l'image d'un puzzle merveilleux s'animant de toute part, et où chaque pièce (figurée par une image ou un son) représente à elle-seule un univers entier à explorer.

MpM



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