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polémique cannoise du ministre de la culture italien

 

Draquila - L'Italie qui tremble (Draquila, l'italia che trema)

Sélection officielle - Séances spéciales
Italie


UNE ARNAQUE PRESQUE PARFAITE





« - J’ai cru ce qu’on me disait. »

Sabina Guzzanti italienne est la cousine cinématographique de Michael Moore. Entre enquête journaliste, parti pris subjectif et capsules ludiques et divertissantes, son film s’attaque, une fois de plus, et bille en tête, à Silvio Berlusconi, coupable d’installer un paternalisme oppressif en Italie. A partir du tremblement de terre qui ravagea la ville de L’Aquila, elle explore plusieurs hypothèses, et nous donne ainsi un fasceau d’indice, pour comprendre ce qu’est la nature du régime berlusconien. Ce n’est plus une démocratie, ce n’est pas encore une dictature. Mais la manipulation de l’information est réelle, et la corruption flagrante.

De là à parler de complot... même si elle le sous entend. On y voit davantage un opportunisme cupide. Guzzanti reprend d’ailleurs la théorie de la Stratégie du Choc de Naomi Klein pour étayer son propos.

Face à l’illusionniste, au cœur d’une coalition allant du Vatican à la Mafia, Guzzanti lutte pour trouver des vérités. Pas facile dans un pays partagé entre ceux qui y voient un sauveur et les autres qui ne cachent plus leur dépit, sinon leur colère. Certains faits sont saisissants. Et inquiétants. Vérifiables : les camps où sont parqués les victimes, l’emprise des militaires sur une ville dévastée et qui n’est plus habitée, comme si une bombe nucléaire lui était tombée dessus, ou encore le mélange des genres entre ceux qui profitent de la reconstruction et ceux qui décident du plan logement.

Le plus terrifiant est sans doute l’impuissance des citoyens face à cette machine étatique pourtant faillible. La honte les submerge. Mais la peur les tétanise. Si Guzzanti ne va pas jusqu’au bout de son travail journalistique – on aimerait entendre des proches du « régime » pour avoir leur opinion – reconnaissons-lui son courage, sa liberté et son humour qui permettent de faire un peu de résistance. Avec Draquila, elle prouve qu’on peut encore s’exprimer librement en Italie. Mais son manque de visibilité démontre aussi qu’on a les moyens de la réduire à un simple parasite. Reste alors la Justice qui semble quand même repérer les failles de ce système berlusconien très narcissique.

vincy



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