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festival-cannes.com
Critique du roman graphique de P. Simmonds
interview de stephen frears
site internet du film

 

Tamara Drewe

Sélection officielle - Hors compétition
/ sortie le 14.07.2010


SI SON NEZ N’AVAIT PAS ETE AUSSI BEAU, IL EUT CHANGÉ LA FACE DU MONDE





« - Andy, tu n’es qu’un objet sexuel. Personne ne voudra t’épouser. »

Tamara Drewe est une comédie fraîche, sans prétention, qui ramène Stephen Frears à un cinéma populaire (The Van), avec pour le coup, un fond moins « social ». Le film n’est pas dépourvu de message, notamment sur la fascination du succès des autres, les envies et les jalousies qu’il engendre, et les répercussions sur les vies de chacun.

La farce est macabre, mais n’a pas la noirceur et l’amertume du roman graphique dont elle s’inspire. L’objet cinématographique a surtout cherché à simplifier les multiples intrigues et, au final ne condamne qu’un des personnages. Le réalisateur a élimé de nombreux détails qui faisaient la richesse et la cruauté du matériau littéraire. Superficiel et léger, le film a conservé la drôlerie et l’humour anglais, en y ajoutant quelques petits régals et en changeant quelques situations, les rendant parfois plus cocasses, ou au contraire, moins absurdes.

Si « la vie n’est pas assez compliquée », Frears n’a pas non plus chercher à la complexifier l’ambiance champêtre. Ce qui n’exempte pas Tamara Drewe d’une certaine dramatisation. Mais la fantaisie l’emporte toujours. D’ailleurs le film opte pour une esthétique très prononcée, des décors à l’image en passant par les corps athlétiques de Tamara et d’Andy. Le casting fait le reste, avec notamment deux gamines formidables qui balancent leur texte avec un aplomb impressionnant ; notamment ce « oh-my-god » bien senti. Gemma Arterton, du coup, paraît assez lisse dans le rôle titre. Il faut d’ailleurs qu’elle n’est pas très aidée par le script, qui a raboté toute l’ambivalence de son personnage littéraire.

Ne boudons pas notre plaisir : c’est sucré, un peu acidulé, très contemporain. Presque irréel. La mise en scène ne se dote d’aucun effet (alors que le livre avait une jolie inventivité narrative) et se plaît à illustrer sa galerie de protagonistes impulsifs. Moins trash, Tamara au cinéma est un divertissement grand public de belle facture. Un peu comme un nez refait : la personnalité en moins, la séduction (facile) en plus.

vincy



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