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Carte des sons de Tokyo (Map of the sounds of Tokyo)

Sélection officielle - Compétition
Espagne


SOUDAIN LE VIDE





"Comment pouvez-vous faire confiance à quelqu’un qui passe tout son temps au cinéma ?"

Au premier abord, on est séduit par cette plongée dans un Tokyo en apparence authentique, où les traditionnels clichés occidentaux sont résolument passés à la moulinette. Isabelle Coixet capte le pouls de la ville et l’immense solitude qu’elle entretient, filmant des personnages mélancoliques et secrets. On sent poindre une émotion, un souffle d’humanité.

Hélas, le film ne tient pas la longueur. Plus l’intrigue se développe, plus elle semble artificielle et vaine, mettant en scènes des pantins désarticulés, dénués de profondeur, et aux actions éparses. Le narrateur est censé enregistrer les sons de la ville (d’où le titre) mais est presque uniquement présent à l’écran par une voix-off ronronnante. Hormis une très jolie séquence sonore de bruits de pas, son travail n’apparaît plus. De son côté, l’héroïne se révèle au bout d’un moment tueuse à gages, sans que l’on sache si cela lui est habituel. Et lorsqu’elle tombe amoureuse de celui qu’elle doit tuer, cela arrive de manière si factice qu’on frôle l’invraisemblance.

Qu’avait donc Isabelle Coixet en tête en racontant cette histoire cousue de fil blanc ? On a beau vouloir aimer certains détails de sa mise en scène, son utilisation de la ville de Tokyo, le travail de son actrice principale Rinko Kikuchi, rien n’y fait : l’impression est tenace d’avoir à faire à une œuvre ratée qui n’arrive pas à cacher sa vacuité derrière une touche d’exotisme facile et une bonne dose de mélodrame.

MpM



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