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Adieu Gary

Semaine critique - Films en sélection
France / sortie le 22.07.2009


MAISONS DU PEUPLE





«- J’ai pas envie de faire le tapin pour gagner 1000 euros par mois. On n’est pas obligé d’êre traité comme des merdes, non ?!»

La véritable force du film de Nassim Amaouche tient sur sa capacité à avoir su créer une atmosphère de Western dans un village typiquement français. Gary Cooper tenant un rôle importnt pour l’un des personnages du film, cela donne une ambiance de bout du monde, où tout peut arriver, ou, au contraire, rien ne peut arriver.
Du vent, de la poussière, du soleil. Une certaine indolence. Le lieu semble désaffecté, comme cette usine qu’on démonte pièce par pièce. Cette chronique d’une ville désoeuvrée s’enracine dans des liens anciens entre vieux et jeunes, syndicalistes et musulmans. Bacri, dont le jeu du bougon lasse, hélas, se régale avec quelques répliques percutantes et distrayantes. Son visage et ses gestes s’animent en présence de l’excellente Dominique Reymond.
Adieu Gary c’est l’adieu au père. Celui qui est parti. Que ce soit l’Etat, absent, l’idéalisme, enterré, l’espoir, ailleurs. Les enfants sont du coup paumés, ne sachant plus à quelle patrie se vouer, se pensant plus marocains que français, quand leurs parents se sont battus pour être français. Les parents sont incapables de communiquer avec leurs enfants. Les problèmes transgénérationnels trouvent une issue dans la fuite : le « retour » au bled, ou Paris.
Les relations avec les fils sont ainsi le cœur du scénario. Mais pa seulement. Amaouche distille sans lourdeur ne profonde aversion pour le capitalisme. Les conditions de travail, les délocalisations, l’impuissance des syndicats, l’impasse du chômage : tout y passe. Dans une scène, Samir fait une pause clope dans une arrière salle du supermarché où il travaille. On l’appelle par le haut-parleur. Il voit la vie extérieures à travers des barreaux. Pour quelqu’un qui sort de prison, cela s’appelle des similitudes. Il va d’ailleurs se faire la belle.
Ainsi va la vie. Ce village se meurt. Les locaux syndicaux sont repris par la communauté musulmane qui en fait une mosquée et un lieu qui pourrait compenser l’absence de soutien scolaire municipal. Tout ferme… Même si, l’état d’esprit du film, entrâine plutôt l’ouverture. De la chaleur humaine.

vincy



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