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Là-haut (Up)

Sélection officielle - Ouverture
USA / projeté le 13.05.2009 / sortie le 29.07.2009


L'AGE DES POSSIBLES : CE MERVEILLEUX FOU VOLANT





"L'Amérique du sud, c'est comme l'Amérique, mais au Sud."

En ouvrant le festival de Cannes avec ce dessin animé 3D, Là-haut veut nous envoler vers une destination inhabituelle. Les auteurs prennent de la hauteur, avec un point de vue sur l'avenir (technologique) du cinéma. La dimension 3D n'apporte pourtant pas grand chose, hormis une esthétique où la profondeur de champ permet de mieux englober le décor. Mais les mouvements et les effets de Là-haut ne diffèrent pas de la maîtrise acquise par le studio, et déjà révélée au fil de ses précédents films.

Cependant, cela ne gâche aucunement l'immense plaisir qu'offre cette histoire où règne le mauvais esprit et où le héros est un vieillard bougon dont la seule arme est un déambulateur. Rien de politiquement correct, mais comme toujours l'humanisme imprègne chaque kilooctets de cette production.
Tout commence avec un petit quart d'heure hors du temps. Un enfant féru des exploits d'un explorateur rencontre une fan à la passion commune. De là, un film muet commence, racontant l'histoire d'amour, l'histoire d'une vie, de ces deux tourtereaux, attachants. Un amour serein, immuable malgré les petits tracas et les aléas de la vie. Leur rêve commun est repoussé aux calendes grecques, mais la destinée, forcément fatale, va les séparer. Toutes les choses que nous rêvions de faire et que nous n'avons pas faites.

Une vie brisée, désenchantée mais une vie heureuse. Amoureuse. Cela rend le vieux bougon beaucoup plus sympathique qu'il n'en a l'air. Et cette justesse psychologique, cette perfection narrative contribue à rendre crédible les relations entre les personnages dans un cadre qui ne l'est pas. Car ici, il y a "De l'action!", "de l'aventure!", "du spectacle comme vous n'en avez jaaaaaaaaaaaaamais vu!" On ne s'ennuie pas. Le spectateur est toujours en alerte. Tout peut arriver. On devrait s'en douter. A-t-on déjà vu une maison voler avec des ballons? Pourtant l'inattendu survient et tout vire dans l'absurde. Des chiens qui parlent, un Dadou, cousin de Bip Bip, très réussi qui s'appelle Kevin, un crapaud qui a son utilité au petit matin... Et même quelques clins d'oeil à Ratatouille, Cars et Toy Story.

Là-haut est une histoire de transmission : l'épouse à son mari, le veuf à ce boy-scout au père absent. C'est aussi une histoire de vieillesse, quand le corps craque, quand la passion peut s'éteindre, quand les illusions se transforment en mirages. Cette image du troisième âge est revigorante : les petit vieux sont bien vaillants. Bien ou mal veillant, ils s'amusent, avec leur vitalité, à jouer comme des gosses, obsédés ou insouciants, défiant la mort avec des idées saugrenues.
Du coup, cette histoire d'os est un délice délirant et touchant. La magie de Pixar, c'est de faire briller nos yeux avec de l'émotion et de lacher nos zygomatiques avec des gags vieux comme le monde. De garder notre âme d'enfant sans renier notre âge adulte. De tous leurs dessins animés, celui-ci est le plus proche de la poésie de Miyazaki.

vincy



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