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Whisper with the wind (Sirta la gal ba)

Semaine critique - Films en sélection
Irak


SILENCE, ON TUE





"Les Kurdes surmonteront cela, ils le surmontent toujours."

Le sujet choisi par Shahram Alidi est si terrible et si insupportable qu’il n’a eu d’autre choix que de recourir aux symboles et à la poésie pour l’aborder. Le parcours de son personnage devient ainsi tout à la fois témoignage sur les conditions de survie d’un peuple persécuté (les Kurdes iraquiens, exterminés par Saddam Hussein) et allégorie onirique sur l’horreur de la guerre et l’espoir ténu de jours meilleurs. Cela permet de reléguer hors champs presque toutes les atrocités tout en offrant des images fortes, facilement appréhendables : des milliers de postes de radio confisqués (parce que réglés sur la fréquence de la résistance kurde), les restes d’un mariage dispersé par la force, un campement de réfugiés…

L’intention est louable et le propos forcément bouleversant. Même si, au fond, on est plus touché par l’évocation de ce génocide que par le film lui-même, dont la trame narrative est par moments trop relâchée pour être vraiment compréhensible. Il faut alors se laisser porter par les longues séquences de supplications et l’interminable litanie des défunts, essayer d’en retirer non pas du sens, mais une force, une énergie. On a tant répété "plus jamais ça" que l’expression semble galvaudée, pourtant cela pourrait être le propos d’un tel film, tendre un miroir aux bourreaux et porter aux yeux du monde la réalité cachée derrière les grandes phrases vidées de leur sens.

MpM



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