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Septième ciel (Wolke neun - Wolke 9)

Certain Regard
Allemagne / sortie le 05.12.2008


LE LANGAGE DES CORPS





"Tu n’as pas honte à ton âge ?"

Qu’ils sont beaux ces vieux corps engagés dans des ébats ardents et joyeux où ni la morale ni la société n’ont leur mot à dire ! Andreas Dresen filme sexualité et nudité passé soixante ans avec une sensualité et une tendresse qui transcendent clichés et tabous traditionnels autour du sujet. Sans complexe ni hypocrisie, il s’attarde sur la chair en mouvement et la peau luisante de sueur, mais également sur les visages où passent en un instant une foule d’émotions intenses mêlant plaisir et passion.

Tant qu’il s’en tient à ce langage corporel, le réalisateur réalise un sans faute, dénué de toute pudibonderie ou au contraire de voyeurisme faussement libéré. Au contraire, il trouve juste la bonne distance pour parler d’amour, sentimental comme physique, à un âge ordinairement considéré comme asexué. Malheureusement, les choses se compliquent quand il s’agit de poser des mots sur une situation qui s’en passait très bien. Le film retombe alors dans la banalité, voire le cliché. Taraudée par la culpabilité, la femme infidèle avoue la vérité à son mari, et provoque sans le vouloir tout un processus d’explications bavardes, de gémissements inutiles et de cris inopportuns. Après la comédie sentimentale intelligente et vive, le mélo le plus poisseux.

Sur la forme, c’est très décevant, car privé de la subtilité qui faisait l’atout de la première partie. Sur le fond, malgré tout, ça en dit long sur la difficulté à refaire sa vie après trente années passées auprès de la même personne et sur l’incompréhension que peut susciter un tel désir auprès de ses proches. Autant l’aventure sexuelle, considérée comme une "passade", ne choque pas la fille d’Inge, autant son désir de vivre une relation sérieuse avec son amant lui est insupportable. Là où l’on peut comprendre qu’un homme quitte sa femme pour une plus jeune, il est difficile d’accepter qu’une femme d’un certain âge abandonne son époux légitime, et surtout parte avec un homme plus vieux. Mais on a beau être touché par le personnage d’Inge (merveilleuse Ursula Werner), le côté didactique de la dernière partie nous laisse plus indifférent, car apparaissant simplement comme un moyen prévisible de conclure une histoire qui méritait mieux.

MpM



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