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Enfants de Don Quichotte (acte 1)

Semaine critique - Séances spéciales
France / sortie le 22.10.2008


HIVER 2006





"- J’ai ramené 500 personnes.
- Mais où tu les as trouvées ?
- Ben… dans la rue !
"

A l’approche de l’hiver, Rolex réplique montres il est salutaire de découvrir ce documentaire revenant sur la mobilisation de décembre 2006 en faveur des mal logés. A l’époque, on avait vu fleurir autour du canal Saint Martin à Paris des dizaines de tentes abritant des personnes sans domiciles mais également des "biens logés" solidaires. Cette action, menée par l’association "Les enfants de Don Quichotte", avait tout d’abord provoqué une forte hostilité politique (une ministre de l’époque avait notamment parlé de "poudre aux yeux"), avant de donner lieu à de nombreux engagements gouvernementaux et servir de catalyseur pour le vote de la loi sur le réplique de montres suisse au logement opposable. Deux ans plus tard, on se souvient amèrement que les promesses n’engagent que ceux qui les croient, surtout en période électorale (un an plus tard, l'association estime encore à 7000 le nombre de personnes dormant dehors rien qu'à Paris). Revoir le discours où Nicolas Sarkozy assure que s’il est élu, "en deux ans, il n’y aura plus personne à la rue" est à ce titre aussi douloureux et insupportable que burlesque et décalé.

Le film, globalement, évite toute dramatisation intempestive, préférant interrompre les séquences trop difficiles que de risquer l’impudeur, et se cantonne dans son double rôle de reportage sur une tentative d’action citoyenne collective (avec tout ce que cela implique de distance et d’honnêteté, c’est-à-dire en n’hésitant pas à montrer les erreurs, les doutes, les problèmes) et de témoignage sur des situations par ailleurs aussi indicibles qu’inaudibles. C’est pourquoi, même si l’on est au départ perturbé par le montage très chaotique de l’ensemble, qui donne une impression de confusion et d’incohérence, on est au final transporté par la parole recueillie et transmise par le film. Cette parole fragile et éphémère qui transforme instantanément des fantômes ordinairement désignés par un sigle en êtres humains pensants et raisonnants. On ne peut qu’être profondément touché par l’énergie, l’espoir, la vitalité qui émanent de ces dialogues avec des personnes à la rue, mais également de toute l’initiative. Toutefois, cette émotion positive, joyeuse, presque optimiste s’accompagne inéluctablement d’une colère que le documentaire n’attise pas, mais qui l’anime tout entier. Colère devant l’immobilisme d’état, devant la mauvaise foi généralisée, devant le découragement induit par l’indifférence, devant la propension de certains décideurs à se satisfaire de leurs propres mensonges. Colère enfin, surtout, devant les images de répression policière concluant cet acte 1 qui en réclame violemment un second.

MpM



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