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My Magic

Sélection officielle - Compétition
Singapour


LE MAGICIEN OSE





- Je ne veux pas échouer et finir comme toi, Papa !

Il y a toujours un film charmant au festival, capable de vous tirer les larmes avec peu d’effets. My Magic a tous les éléments pour être chaleureusement accueilli. Une histoire simple, une relation conflictuelle et sacrificielle, de l’émotion � revendre. Avec sa fable, Eric Khoo, comme Mendoza et son Serbis, cherche � allier précarit� et sociét� moderne, images chocs et poésie visuelle, réalit� sociale et drames personnels. Une tranche de vie monoparentale dans un milieu de survie.

My Magic étonne notamment parce qu’il est joliment sensible et qu’il défie, simultanément, nos âmes sensibles avec quelques images insoutenables. La magie ici est un mélange de trucs fakirs et de tours classiques. Comme le musique croise les sons de Bollywood et des airs beaucoup plus chinois.

On ne peut être que touch� par ce père ivrogne et autodestructif qui cherche � donner une chance � son fils, raisonnable et responsable. Mais dans ces 75 courtes minutes de long métrage nous souffrirons aussi de voir ce (vrai) magicien s’enfoncer toutes sortes d’objets contendants dans la chair, croquer une ampoule ou manger du verre, jouer avec des lames de rasoir dans sa bouche. Sans oublier la scène cruciale et cruelle o� il devient l’objet du défoulement de sadiques prêts � payer pour le torturer. De quoi nous faire frissonner ou plonger dans notre fauteuil.
Cinématographiquement simples, les scènes restent impressionnantes, même si son personnage a le cuir épais.

Ces excès ne sont pourtant jamais filmés complaisamment. Tout comme la tragédie familiale qui touche ces deux hommes ne dérive pas vers un sirop mièvre ou surdramatis�. Khoo a ce talent de nous montrer les déchirures d’un homme jusque dans son aspect le plus écoeurant. S’écrasant dans une merde et son vomi. Aux toilettes, nu et velu, saignant du cul. Ce père indigne pourtant va devenir père courage.

Le final nous évade en dehors de la ville, dans un huis-clos plus paisible. Un face � face entre le père qui transmet l’essentiel au fils. Un brin d’onirisme et quelques révélations qui compensent la succession de numéros un peu fastidieuse au milieu de l’œuvre. My Magic réussit son tour et avec son petit air de blues sur le ressaisissement, sur l’impact de nos actes sur la vie des autres, il prouve que la fatalit� n’existe pas. Mais que l’illusion du cinéma fonctionne toujours.

vincy



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