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L'étranger en moi (Das fremde in mir)

Semaine critique - Films en sélection
Allemagne


Baby boom pour Lady blues





Une femme court dans les bois – paysage mental anarchique et touffu – s’effondre et manque de perdre la vie alors qu’elle vient de la donner à un petit garçon. L’étranger en moi a le mérite d’aborder un thème quasiment inexploré au cinéma : le baby blues et ses conséquences pour une mère replique montres. Emily Ateff, venant du documentaire, choisit le parti pris radical d’une réalisation qui tient à distance la situation et les personnages. Par peur du pathos ?... Trop, peut-être, pendant la première partie où les ellipses et les situations tronquées dans leur narration se succèdent. Ne voulant pas céder aux rebondissements mélodramatiques, la cinéaste aseptise le mal être de cette jeune famille dans des cadres larges qui semblent refuser l’introspection, éloigner l’émotion. Du coup, les personnages du mari et de l’enfant souffrent de ce retrait et peinent à exister. Particulièrement le bébé dont la force de vie Rolex replique montre - un nouveau-né ne cille jamais et l’intensité de son regard peut devenir terrifiant - aurait pu ciseler de façon plus aigue le traumatisme de sa mère.

Le film parvient cependant à trouver son rythme quand Rebecca revient à la vie et commence à apprivoiser son petit garçon. Les plus belles séquences de L’étranger en moi montrent cette découverte maternelle, replique montre véritable éducation sentimentale et parentale.

La force de cette oeuvre âpre mais pleine d’espoir réside dans l’interprétation de Suzanne Wolf, présente dans presque tous les plans. En fonction de la lumière, son visage empreinte tour à tour des airs d’Isabella Rosselini et d’Emmanuelle Béart. Grâce à elle, le second long métrage d’Emily Atef nous hante et remet en question les contours de cet amour sociologiquement codifié que l’on nomme maternel…

Benoit



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