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Kung Fu Panda 2

 

Kung-Fu Panda

Sélection officielle - Hors compétition
USA / sortie le 02.07.2008


LA FUREUR DU PANDA





"- Comment j’étais ?
- Maintenant, le niveau zéro existe…
"

On a beau aimer les pandas, le kung fu et les films d’animation, il faut bien reconnaître que le nouvel opus de Dreamworks laisse un léger goût de déception. Scénario peu soigné, personnages superficiels, gags simplistes, trame convenue… On est loin de l’impertinence ou de l’inventivité d’un Shrek qui, en son temps, séduisait de la même manière petits et grands, offrant à chacun un niveau de lecture adapté à son âge et à ses référents culturels. Ici, très clairement, le film s’adresse à un public plus restreint qui ne dépassera guère les 12-13 ans. Car au-delà de cet âge, difficile de s’identifier à Po, anti-héros bébête et maladroit, et impossible de trouver une alternative auprès des seconds rôles, vraiment trop survolés et dénués de personnalité propre.

L’histoire, malgré tout, n’est pas dénuée de charme, ne serait-ce que dans sa manière de recréer une Chine soignée et visuellement très riche. Les paysages, les petits détails culturels, même les traditions du kung-fu ont été intelligemment incorporés à l’univers purement imaginaire du conte animé. Le grand maître spirituel du Palais de Jade est ainsi une tortue, animal très symbolique dans la culture asiatique. La question de la filiation (père/fils, maître/disciple) joue également un rôle primordial dans les rapports entre les personnages, notamment entre Maître Shinfu et Tai Lung, son fils adoptif (dont il a été si fier) mais également entre Shinfu et Pô, pour lequel au contraire il n’éprouve au début que mépris et ironie. Le lien qui se tisse entre ces deux personnages (que bien évidemment tout oppose) est ainsi très joliment rendu dans des scènes à la fois vives et drôles, où la nourriture devient l’enjeu de combats endiablés et débordants d’imagination.

Globalement, les scènes d’action sont d’ailleurs toutes réussies, aussi bien visuellement qu’au niveau du rythme, jouant de la rapidité de l’animation et des mouvements traditionnels du kung-fu, et parsemées de nombreuses touches d’humour. Seul bémol, les différentes techniques utilisées par chacun des animaux en fonction de ses facilités naturelles ne sont guère détaillées et pas assez mises en valeur, si ce n’est peut-être lors du grand combat contre Tai Lung, sur un pont suspendu hommage à Indiana Jones.

Non, vraiment, on ne s’ennuie pas devant les aventures plutôt rocambolesques de ce panda légèrement hors normes, mais on a tout de même la très nette impression que le genre peine à se renouveler, comme s’il était incapable d’allier à la fois la maîtrise technique (désormais indiscutable) et la profondeur scénaristique. Pourtant, aux mains d’un autre studio, ou de scénaristes plus ambitieux, on imagine le petit bijou de parodie et d’humour grinçant qu’aurait pu être ce kung-fu panda essouflé…

MpM



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