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Ils mourront tous sauf moi (Everybody dies but me - Vse umrut a ja ostanus)

Semaine critique - Films en sélection
Russie


BIENVENUE DANS L’AGE INGRAT





"Je voudrais que tous les adultes soient morts"

Ah ! l’adolescence, moment unique de la vie où tout change si vite que l’on se jure amitié et loyauté éternelles la veille de se poignarder dans le dos… Le cinéma, avec plus ou moins de bonheur, aime se pencher sur cette période de troubles et de contrastes, comme pour saisir l’apprentissage de l’existence en action. Se voulant probablement ambitieuse, Valeria Gaia Germanica ne se contente pas d’une chronique douce amère sur les affres de l’amour à sens unique ou les problèmes existentiels liés à la tenue idéale pour aller danser, mais dresse au contraire un tableau apocalyptique de ce passage à l’âge adulte qui ne peut se faire que dans la douleur et la contrainte. Ses héroïnes subissent (et s’infligent les unes aux autres) une violence physique et psychologique dénuée de toute empathie, que la réalisatrice filme avec une complaisance et un misérabilisme savamment étudiés. La caméra rivée sur les corps qui s’affrontent, ne nous épargnant aucun détail sordide, elle s’abrite derrière l’alibi du cinéma vérité pour étirer jusqu’au malaise les scènes les plus "chocs" (qu’il s’agisse d’un viol ou de maltraitance physique). Cet acharnement systématique sur ses personnages (qui semblent tous destinés par nature, et non par hasard, à devenir des victimes) dénote une volonté de sensationnalisme (voire de voyeurisme) plutôt que de réelle réflexion. Lorsque la dernière scène, dans un retournement qui fait enfin sens, donne une clef pour expliquer le comportement de l’une des adolescentes, il est bien trop tard pour que cela parvienne à contrebalancer la sensation de facilité et de manichéisme stérile dégagée par le reste du film.

MpM



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